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27/01/2016 08:20 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Al-Jazeera poursuit l'Etat égyptien en justice

La chaîne qatarie Al-Jazeera a annoncé mercredi poursuivre l'Égypte en justice devant un tribunal d'arbitrage dépendant de la Banque mondiale, accusant le pays de lui avoir "confisqué" ses investissements et causé "une perte d'au moins 150 millions de dollars".

Al-Jazeera, qui invoque notamment des "attaques permanentes contre la chaîne et son personnel" de la part de l'Egypte, "n'a pas d'autres options que de lancer formellement une action en justice devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements", le CIRDI (ICSID en anglais), basé à Washington DC, a indiqué un porte-parole de la chaîne qatarie dans un communiqué du cabinet d'avocats britannique Carter Ruck qui la représente.

"Du fait des manquements de l'Égypte quant à ses obligations légales internationales, les investissements conséquents d'Al-Jazeera en Egypte ont été confisqués et, selon une estimation basse, cela représente une perte d'au moins 150 millions de dollars (138 millions d'euros)", ajoute le cabinet d'avocats.

La demande d'arbitrage "fait suite à une campagne prolongée menée contre les activités commerciales et les journalistes d'Al-Jazeera par le gouvernement militaire égyptien", a-t-il précisé.

L'arbitrage international est traditionnellement dédié au règlement des litiges entre entreprises et États.

Al-Jazeera "espère que l'arbitrage qu'elle a ouvert contre l'Égypte va permettre à un tribunal international impartial de rendre un jugement sur la série de poursuites politiquement motivées et les fausses accusations que l'Égypte a infligées à plusieurs de nos journalistes", conclut le porte-parole de la chaîne.

En 2013, trois journalistes de Al-Jazeera avaient été arrêtés en Egypte, puis condamnés à trois ans de prison pour "diffusion de fausses informations" soutenant la confrérie des Frères musulmans, avant d'être libérés en 2015.

Depuis que l'armée égyptienne a destitué en 2013 le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi est régulièrement accusé par des organisations de défense des droits de l'Homme de réprimer toute voix dissidente.

Le Caire a renforcé son arsenal antiterroriste par une loi prévoyant notamment une amende très lourde pour les journalistes et médias, y compris étrangers, qui rapportent des informations contredisant les communiqués et bilans officiels en cas d'attaques ou d'attentats.

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