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27/01/2016 08:03 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Affaire du Libor: cinq acquittés dans un procès à Londres

Un tribunal londonien a acquitté mercredi cinq financiers qui étaient suspectés d'avoir participé à la manipulation du taux interbancaire Libor aux côtés d'un courtier déjà condamné à de la prison ferme dans cette affaire.

Colin Goodman, Danny Wilkinson, Terry Farr, James Gilmour et Noel Cryan ont été acquittés par le tribunal de Southwark au terme d'un procès de quatre mois, a annoncé le Serious Fraud Office (SFO), qui a mené l'enquête.

Un sixième, Darrell Read, a été reconnu non coupable d'un chef d'accusation mais le jury doit encore se prononcer sur un autre aspect du dossier.

Ces six hommes sont d'anciens employés de trois sociétés de courtage, ICAP, Tullett Prebon et RP Martin, qui comparaissaient pour leur possible implication dans la manipulation du taux interbancaire libellé en yen entre août 2006 et septembre 2010.

Ils étaient suspectés d'avoir aidé le trader Tom Hayes, déjà condamné à de la prison ferme dans cette affaire, mais avaient plaidé non-coupable.

Le Libor est un taux interbancaire fixé à Londres, et décliné en plusieurs monnaies, qui sert de référence pour de nombreux produits financiers représentant des sommes colossales dans le monde entier.

Le scandale avait éclaté au grand jour en 2012 lorsque la banque britannique Barclays avait révélé qu'elle devait payer 290 millions de livres pour mettre fin à des enquêtes au Royaume-Uni et aux États-Unis sur des manipulations. D'autres grands établissements ont dû depuis payer des milliards dans cette affaire.

Le Britannique Tom Hayes, un ancien employé des banques suisse UBS et américaine Citigroup, avait été condamné l'an dernier à Londres à 14 ans de prison pour avoir joué un rôle moteur dans la manipulation du Libor. Sa peine a été réduite en appel à 11 ans le 21 décembre dernier.

L'acquittement prononcé mercredi représente un revers pour le SFO, l'office britannique de lutte contre la délinquance financière, qui avait porté le dossier.

"Personne ne peut raisonnablement affirmer que ces accusations n'auraient pas dû être formulées et considérées par un jury", s'est défendu David Green, directeur du SFO, dans un communiqué.

Un nouveau procès doit s'ouvrir le 15 février sur l'affaire de la manipulation du Libor libellé en dollars, tandis qu'un autre est prévu le 4 septembre 2017 concernant des manipulations du taux Euribor.

jmi/mc/mr

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