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27/01/2016 04:00 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

A Saint-Pétersbourg, la grippe porcine suscite l'inquiétude

Lioubov Anikanova a annulé ses rendez-vous en ville et sa fille ne va plus à l'école depuis mercredi: à Saint-Pétersbourg, la grippe porcine, qui a déjà fait plus de vingt morts depuis le début de l'hiver, provoque l'inquiétude de la population.

Mardi, les autorités sanitaires de l'ancienne cité impériale ont annoncé que 22 personnes étaient décédées du virus H1N1 de la grippe porcine: la ville est la principale touchée alors que le pays subit de plein fouet l'épidémie hivernale de grippe, porcine ou plus classique.

Pour limiter les risques de contagion de toute forme de grippe, les écoles primaires seront fermées du 1er au 14 février, ont décidé les autorités. Mais beaucoup ont déjà décidé de garder leurs enfants à la maison, comme Lioubov Anikanova.

"Dans la classe de ma fille, il y a déjà quelques malades, j'ai peur pour elle", explique-t-elle à l'AFP.

Elle-même évite de se rendre dans des lieux bondés et a déjà annulé son rendez-vous chez le docteur, par peur d'être contaminée. "Je ne veux pas prendre de risques, on dit que l'épidémie de grippe porcine cette année est vraiment très dangereuse", avoue-t-elle.

Dans les hôpitaux de Saint-Pétersbourg, 12.000 personnes se pressent chaque jour pour des symptômes relevant de la grippe et dans 60% à 80% des cas, du virus H1N1.

Au total, 320.000 personnes ont été malades cet hiver à Saint-Pétersbourg de la grippe, dont les symptômes diffèrent peu de la grippe porcine: fièvre, courbatures, fatigue, maux de tête et mal de gorge.

"Chaque jour, on reçoit de nombreux appels de personnes atteintes de ces symptômes. On est surchargés", souffle Galina Timofeïeva, administratrice d'un hôpital.

- 'Résister à la panique' -

Pour ne pas risquer d'être contaminés, les habitants de la deuxième ville de Russie, ont pris d'assaut les pharmacies pour y acheter des masques en tissu jetable qu'ils mettent ensuite dès qu'ils sortent dans la rue. A Moscou, le nombre de masques portés dans le métro est également en hausse.

"J'ai vraiment peur, je ne sors pas de chez moi sans un masque hygiénique", révèle Ioulia Galitch, 43 ans.

Afin de faire face à la demande, les autorités ont fourni aux pharmacies plus de 100.000 nouveaux masques.

Elles les ont également réapprovisionnées en médicaments contre la grippe, la pénurie menaçant de nombreux apothicaires.

"Nous n'avons plus depuis une semaine plusieurs médicaments parmi les plus populaires, comme le Tamiflu", prescrit par les docteurs russes en cas de symptômes grippaux, regrette Natalia Selzneva, qui travaille dans une pharmacie située dans le sud de Saint-Pétersbourg.

"J'aimerais bien résister à la panique", confie à l'AFP Maïa Iakovleva, 67 ans. "Mais en ce moment, la grippe et ses conséquences sont le sujet préféré de tout le monde. Où acheter du Tamiflu, combien de personnes sont mortes: j'ai l'impression qu'on ne parle que de ça."

Au moins 75 personnes sont mortes du virus H1N1 de la grippe porcine en Russie depuis le début de l'hiver selon un décompte de l'AFP effectué mercredi à partir de déclarations des autorités régionales.

Si Saint-Pétersbourg est la ville la plus touchée de Russie, onze personnes sont également mortes dans la région de Volgograd (sud) et huit sont décédées dans celle voisine de Rostov-sur-le-Don.

La ministre de la Santé russe, Veronika Skvortsova, a néanmoins déclaré plus tôt dans la semaine que l'épidémie de grippe porcine dans le pays était "complètement sous contrôle".

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