POLITIQUE
26/01/2016 09:02 EST | Actualisé 26/01/2017 05:12 EST

Énergie Est: Trudeau et Coderre font le point à Montréal

De passage à l'hôtel de ville de Montréal mardi matin, le premier ministre canadien a déclaré qu'il revient à TransCanada, et non au gouvernement fédéral, de convaincre la population que son projet d'oléoduc Énergie Est est «dans l'intérêt de tous». Le rôle d'Ottawa, dit Justin Trudeau, est plutôt d'agir comme un «arbitre responsable» dans ce dossier.

«Le rôle du gouvernement fédéral, c'est de mettre en place un processus par lequel TransCanada ou toute autre compagnie pourrait aller démontrer qu'un projet est dans l'intérêt public et d'avoir l'approbation des Canadiens», a fait valoir M. Trudeau, au terme de cette rencontre d'environ 30 minutes. Ce processus doit permettre à la population d'évaluer ces projets «de façon rigoureuse et ouverte».

Son gouvernement, a-t-il rappelé du même souffle, entend mettre sur pied «un processus clair qui va regarder l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre liés à un projet, qui va bâtir sur le travail déjà fait, et qui va donner une occasion pour les Canadiens, les différents paliers de gouvernement, les scientifiques, les peuples autochtones, de se prononcer et de participer à la prise de décisions.»

«Mon objectif, c'est de reconnaître qu'une des responsabilités d'un gouvernement du Canada, c'est de pouvoir trouver des façons d'exporter nos produits, nos ressources, de façon responsable», a ajouté le premier ministre lorsqu'on lui a demandé s'il avait fait pression sur l'administration Coderre dans ce dossier. «Au 21e siècle, ça implique une responsabilité environnementale, une approbation communautaire, un partenariat avec les communautés autochtones.»

« Ça engage plus de processus que dans le passé. [...] C'est pas juste le gouvernement qui donne des permis, les communautés doivent aussi donner la permission. »

— Justin Trudeau

Attaqué, Coderre réplique

Attaqué par une bonne partie de la classe politique albertaine et par l'opposition conservatrice à Ottawa, le maire Coderre a défendu lundi la décision des 82 maires de la Communauté métropolitaine de Montréal de rejeter le projet d'oléoduc Énergie Est.

Il a accusé TransCanada, «une compagnie très arrogante qui ne veut pas nous parler», de ne pas avoir fait ses devoirs, dénonçant, entre autres, l'absence de plan de contingence. «Prenez-vous-en à la compagnie qui n'a pas fait son travail!», a-t-il lancé.

Le maire argue que le projet comporte trop de risques pour des retombées économiques négligeables. Selon lui, le projet va se traduire par «33 jobs et au plus 2 millions de dollars aux municipalités par année», alors qu'il va traverser des cours d'eau, des boisés et des milieux humides le long de 110 kilomètres du territoire montréalais.

Le projet d'oléoduc de 4600 km vise à acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. L'essentiel de ce pétrole doit être exporté, mais une partie doit permettre d'approvisionner les raffineries de Suncor à Montréal et de Valero à Lévis.

Le coût du projet, dont le tracé définitif demeure à l'étude, est désormais estimé à 15,7 milliards de dollars selon la dernière version du projet soumise par TransCanada à l'Office national de l'énergie. Le gouvernement doit d'ailleurs redéfinir les normes d'évaluations pour les projets en cours comme Énergie Est.

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