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25/01/2016 09:31 EST | Actualisé 25/01/2017 00:12 EST

Yémen: un juge et sept proches tués dans un raid imputé à la coalition

Un haut magistrat yéménite et sept membres de sa famille ont péri dans un raid qui a détruit leur maison dans la capitale Sanaa contrôlée par les rebelles, a affirmé lundi l'un de ses proches en accusant l'aviation de la coalition arabe.

"Le juge Yahia Mohammed Rabid, son fils, trois femmes et trois enfants ont trouvé la mort lorsqu'un missile a touché leur maison", a indiqué à des journalistes le neveu du magistrat, Ahmed Mohammed Mohammed.

S'exprimant devant les décombres de la maison à Sanaa, il a affirmé qu'elle avait été touchée dans la nuit de dimanche à lundi par l'aviation de la coalition arabe commandée par l'Arabie saoudite, qui soutient le pouvoir face aux rebelles chiites Houthis au Yémen.

M. Mohammed a indiqué que son oncle présidait le tribunal chargé des "affaires terroristes" devant lequel ont été jugés de nombreux Yéménites, accusés d'appartenance au réseau extrémiste Al-Qaïda implanté dans le pays.

Dans le sud du pays, le vice-président et chef du gouvernement, Khaled Bahah, est arrivé à Aden, déclarée "capitale provisoire" du Yémen, où il compte séjourner de manière permanente, selon son entourage.

Par ailleurs, un journaliste yéménite a succombé à ses blessures subies lors d'un bombardement de la coalition dans la province de Saada (nord), un fief des rebelles, a indiqué lundi Reporters sans frontières (RSF).

Hachem Homrane, correspondant de la chaîne pro-Houthie Al-Masira, est mort vendredi après avoir été blessé la veille à Dhahiane , a précisé l'ONG.

"La situation de la liberté d'information dans le pays est devenue extrêmement préoccupante pour les professionnels qui exercent dans un environnement de plus en plus hostile", a déclaré Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF.

"Nous rappelons que toutes les parties du conflit sont responsables de la sécurité des journalistes et que les crimes à leur encontre ne doivent pas rester impunis", a dit RSF en appelant "à la libération de tous les journalistes et collaborateurs de médias détenus par des groupes armés".

La semaine dernière, la chaîne du Qatar Al-Jazeera a annoncé avoir perdu le contact avec son correspondant à Taëz Hamdi Al Bokari ainsi que son collègue Abdelaziz al-Sabri, précisant qu'ils avaient probablement été enlevés.

Selon RSF, au moins cinq journalistes ont été tués au Yémen en 2015.

Dix mois après le début de sa campagne aérienne, la coalition continue de viser quasi-quotidiennement des cibles dans la région de Sanaa et le reste du Yémen, présentées comme des positions militaires des rebelles.

Ces derniers, accusés de liens avec l'Iran, restent maîtres de la capitale et d'une bonne partie du nord du Yémen et affirment que les raids de la coalition font essentiellement des victimes civiles.

Des organisations des droits de l'Homme et des ONG travaillant sur le terrain ont déploré de leur côté de nombreux civils tués et blessés dans les raids aériens ou dans les combats entre Houthis et troupes fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Selon l'ONU, la guerre au Yémen a fait quelque 6.000 morts depuis mars, dont environ la moitié de civils.

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