NOUVELLES
25/01/2016 09:26 EST | Actualisé 25/01/2017 00:12 EST

Un militant suédois des droits de l'Homme libéré par la Chine

Un militant suédois des droits de l'homme actif en Chine, Peter Dahlin, a été libéré après avoir été arrêté début janvier pour "mise en danger de la sécurité nationale chinoise", a annoncé lundi le gouvernement suédois.

"Je salue le fait que Peter Dahlin puisse être maintenant réuni avec sa famille en Suède. C'est le résultat de contacts rapprochés entre le ministère des Affaires étrangères suédois et des représentants chinois", a affirmé dans un communiqué la chef de la diplomatie suédoise, Margot Wallström.

M. Dahlin avait été interpellé le 4 janvier alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour la Thaïlande à l'aéroport de Pékin, accusé d'avoir pris part à "des activités en Chine qui ont menacé la sécurité d'État".

Il travaillait pour l'ONG "Chinese Urgent Action Working Group", qui soutient en Chine les défenseurs des droits de l'Homme en détresse, notamment dans des cas d'agressions physiques et de démolitions forcées d'habitations.

L'arrestation était intervenue alors que les défenseurs des droits de l'Homme dénonçaient une intensification de la répression dans le pays.

Le 20 janvier, la télévision publique CCTV avait diffusé des aveux du Suédois, qui reconnaissait avoir enfreint la loi dans le cadre de ses activités. "J'ai blessé les sentiments du peuple chinois. Je m'excuse sincèrement pour cela", disait-il.

L'ambassadeur de l'Union européenne à Pékin, Hans-Dietmar Schweisgut, avait exprimé, quelques heures après la diffusion de ces aveux, ses "vives inquiétudes". "Nous constatons une tendance extrêmement préoccupante", avait-il déclaré.

Deux jours plus tard, Mme Wallström avait rapporté que Stockholm avait dénoncé auprès de la diplomatie chinoise une situation "inacceptable".

Le père de M. Dahlin, Thomas Dahlin, a déclaré au quotidien Göteborgs-Posten que son fils n'avait pas encore embarqué pour la Suède. "C'est clair que c'est un grand soulagement (...) C'était hyperdur ", a-t-il confié.

Mme Wallström s'est dite lundi "fort inquiète" quant au sort d'un autre Suédois, Gui Minhai, un libraire de Hong Kong qui a lui aussi fait des aveux filmés par la télévision chinoise.

Disparu en Thaïlande en octobre, ce dernier avait raconté mi-janvier être retourné en Chine pour assumer sa responsabilité 11 ans après y avoir tué une étudiante dans un accident de voiture alors qu'il conduisait ivre.

"Nos efforts afin d'éclaircir sa situation et la possibilité de lui rendre visite se poursuivent avec une détermination qui n'a pas diminué", a déclaré la ministre suédoise.

Le libraire, en larmes, se disait "prêt à accepter tout châtiment", et demandait à la Suède de ne pas intercéder en sa faveur. Il est salarié de la maison d'édition Mighty Current, connue pour ses ouvrages critiques contre le gouvernement chinois, et dont d'autres salariés ont disparu ces derniers mois.

po/hh/fjb