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25/01/2016 05:23 EST | Actualisé 25/01/2017 00:12 EST

Syrie: multiplication des efforts pour lancer les négociations

Les Etats-Unis et la Russie ont accentué lundi les efforts en vue d'une nouvelle session de négociations cette semaine visant à trouver une solution au conflit en Syrie, après un report lié à des divergences sur la représentation de l'opposition.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a appelé son homologue russe Sergueï Lavrov pour évoquer ces négociations indirectes entre le régime et l'opposition sous l'égide de l'ONU, qui devaient initialement débuter ce lundi.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, MM. Kerry et Lavrov ont "appelé l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura à fixer une date pour les négociations entre Syriens le plus vite possible".

M. de Mistura devait s'exprimer dans l'après-midi au sujet de la préparation des négociations, alors que la communauté cherche à tenter de terme à cinq ans de guerre en Syrie.

Les discussions de Genève doivent porter sur la feuille de route établie en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les 6 mois et des élections dans les 18 mois.

- L'opposition sous pression -

M. Kerry a dit lundi qu'il espérait y voir "clair" dans un ou deux jours quant aux modalités des pourparlers de paix, en soulignant avoir multiplié les consultations ces dernières heures avec ses homologues français, turc, russe et saoudien et avec M. de Mistura, pour "être sûr que tout le monde est sur la même ligne".

La coalition de l'opposition syrienne, la principale composante de l'opposition en exil formée le mois dernier à Ryad et qui compte parmi elles d'importantes factions rebelles armées, a formé une délégation pour participer aux négociations, mais celle-ci exclut le principal parti kurde et d'autres figures de l'opposition.

La Russie, pays allié du régime de Bachar al-Assad, a cherché à faire participer certains de ceux qui ont été exclus soit dans une délégation élargie soit dans une délégation parallèle.

Mais la coalition de l'opposition a accusé Moscou de chercher à inclure des figures proches du régime et a menacé de boycotter les négociations si d'autres représentants de l'opposition y étaient invités.

Selon un opposant, Fouad Aliko, des représentants de l'opposition se réuniront mardi à Ryad pour décider de participer ou non aux pourparlers de Genève.

M. Aliko a jugé "ni agréable ni positive" la dernière rencontre entre M. Kerry et Riad Hijab, coordinateur de la coalition de l'opposition syrienne et des membres du comité.

"M. Kerry a dit à M. Hijab: +vous allez perdre vos amis si vous n'allez pas à Genève et si vous campez sur votre position+", a affirmé M. Aliko, en qualifiant de "menaces et de pressions" les propos du secrétaire d'Etat américain.

"M. Kerry ne nous a pas rassurés. Il a dit qu'il y aurait un dialogue et non des négociations, alors que nous voulons que les négociations soient centrées sur une transition politique et quelles ne prennent pas la forme d'une discussion byzantine", a ajouté M. Aliko.

- Nouvelles attaques de l'EI -

L'opposition insiste sur l'application du communiqué de Genève qui prévoit un "organe gouvernemental de transition" pour succéder au régime actuel de Bachar al-Assad dont elle exige le départ.

La coalition nationale de l'opposition a nommé Mohamed Allouche, membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaich al-Islam, soutenu par l'Arabie saoudite, comme négociateur en chef pour les pourparlers. Ce choix a été aussitôt critiqué par les opposants de l'intérieur, ainsi que par Moscou.

De précédentes négociations avaient échoué en janvier-février 2014. Depuis, le conflit en Syrie s'est complexifié avec la multiplication des acteurs et la montée en puissance du groupe jihadiste Etat islamique (EI) sur un territoire de plus en plus morcelé.

Les efforts pour tenter de trouver les moyens de mettre fin au conflit en Syrie surviennent alors le directeur d'Europol, Rob Wainwright, a averti lundi que l'EI avait développé "une nouvelle capacité de combat pour effectuer une campagne d'attaques d'ampleur" concentrées en particulier sur l'Europe.

Les analystes d'Europol sont convaincus que l'EI "prépare de nouvelles attaques (...) dans des Etats membres de l'UE, et en particulier en France", selon un rapport présenté par M. Wainwright lors du lancement officiel à Amsterdam d'un nouveau Centre européen de contre-terrorisme.

Il signale un "changement dans le mode opératoire" de l'EI en Syrie et en Irak, désormais capable de réaliser "quand elle le souhaite", partout dans le monde, des "séries d'attaques complexes et bien coordonnées" grâce à des combattants locaux connaissant bien le terrain.

bur-sah/tp/jri