POLITIQUE
25/01/2016 01:49 EST | Actualisé 25/01/2016 06:49 EST

La CAQ a «des réserves» sur le registre des armes à feu (VIDÉO)

BROMONT – Le projet de registre des armes à feu du Québec ne fait pas l’unanimité au sein de la CAQ. Réunis en caucus présessionnel à Bromont, les députés caquistes tenteront de définir une position commune au cours des deux prochains jours.

«Je continue à me questionner sur le fait de [savoir] est-ce que c’est nécessaire d’avoir ce registre-là, a affirmé lundi le député de La Peltrie, Éric Caire. Est-ce que ça va apporter une plus grande sécurité pour nos concitoyens. Est-ce que c’est 17 millions$ qui sont bien investis? Je ne dis pas que la conclusion c’est ‘non’. Je ne dis pas que la conclusion c’est ‘oui’.»

Ses réserves ont trouvé écho chez le député de Beauce-Nord, André Spénard. «En majorité, dans la Beauce, dans les comtés ruraux, on ne se le cachera pas, je pense que la majorité sont contre le registre des armes à feu, tel qu’il a été proposé», estime-t-il.

«Les chasseurs ou les agriculteurs qui ont une simple arme pour se débarrasser de la vermine, pour tirer sur le renard dans le poulailler, ils sont pris encore en otage, croit le député qui s’adonne à la chasse au dindon. Ils sont traités comme des criminels.» Ceux-ci se sentent perçus comme des «criminels en attente», dit-il.

Le caucus est divisé reconnaît André Spénard. «Comme dans toutes les formations politiques, il y en a des pour, il y en a des contre», lance-t-il. André Spénard se dit toutefois en faveur d’un «contrôle des armes à feu», mais pas nécessairement dans la forme d’un registre.

Même en milieu urbain, des électeurs font part de leurs inquiétudes, selon le député de Deux-Montagnes, Benoit Charette. «Moi, je suis en banlieue de Montréal, et il y a la question m’est posée malgré tout, dit-il. Donc, je ne pense pas que ce soit un clivage régions, métropole. Je pense que ce sont des questions qui sont pertinentes et il faut prendre le temps de bien les évaluer.»

Il affirme que les questions sont «légitimes» et qu’il est présentement «en mode écoute».

Même le chef François Legault a admis que son parti a «des réserves» quant au projet présenté par le gouvernement Couillard. «On a des réserves, entre autres sur les coûts, a dit le chef caquiste. On se demande si c’est nécessaire de tout recommencer à zéro, de mettre une nouvelle bureaucratie.»

«Pour l’instant, la position de la CAQ n’a pas changé, on est favorables au principe du registre, a-t-il ajouté, mais on pense qu’il y a des grandes inquiétudes concernant les coûts, concernant la bureaucratie qui est créée.»

L’opposition au projet de registre des armes à feu québécois prend de l’ampleur. En plus des manifestations organisées par le regroupement Tous contre un registre québécois des armes à feu, les députés sont interpellés par les citoyens de leurs circonscriptions.

«Il y a des gens qui me posent des questions, effectivement», reconnaît Benoit Charette.

Les réticences de certains députés caquistes envers un registre des armes à feu, tout comme celles d’élus péquistes et libéraux, peuvent étonner après l'adoption à l'unanimité par l’Assemblée nationale de nombreuses motions pour le rapatriement des données du registre fédéral des armes à feu.

Les partis d’opposition ont d’ailleurs participé à un point de presse conjoint avec le gouvernement Couillard lors du dépôt du projet de loi 64, qui vise à créer le nouveau registre.

«On n’avait pas lu le projet de loi», a candidement confié André Spénard lundi.

L’entourage caquiste a par la suite précisé que le point de presse visait surtout à appuyer le groupe PolySeSouvient, également présent à l’événement. À l'époque, André Spénard avait d’ailleurs fait part de réserves sur les coûts et l’efficacité de la loi.

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