POLITIQUE
25/01/2016 12:14 EST | Actualisé 25/01/2016 12:24 EST

Des cols blancs bloquent l'accès à l'hôtel de ville de Montréal

Charles Contant

En grève tournante depuis minuit, des cols blancs de la Ville de Montréal ont bloqué les accès à l'hôtel de ville ce matin, marquant ainsi leur première journée de débrayage.

Les cols blancs tiendront des journées de grèves tournantes à raison de deux arrondissements par jour. Ce sont les cols blancs des arrondissements Ahuntsic-Cartierville et Saint-Laurent qui ont lancé lundi matin ce mouvement.

L'intervention d'agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a toutefois permis aux employés qui n'étaient pas en grève de rentrer au travail.

Les employés des services centraux - qui comprennent les communications, la direction générale, l'ombudsman, le vérificateur général - sont également en conflit de travail et ils observent le même type de grève. Les cols blancs du Bureau du vérificateur général, du Secrétariat de liaison de l'agglomération de Montréal, de l'Ombudsman, du service de la direction générale et du service des communications étaient également en grève ce matin.

Les grèves tournantes dureront 37 jours et culmineront par une journée de grève générale des 8000 fonctionnaires cols blancs de la Ville le 1er mars prochain, date limite du paiement des taxes municipales.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a simplement indiqué que les cols blancs avaient le droit de manifester.

Les 8000 cols blancs de la Ville de Montréal sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2011. Ils refuseront, en outre, de faire des heures supplémentaires durant toute la période de débrayage.

Entre-temps, seuls les services essentiels, comme les services de police, des incendies, du 311 et des technologies seront maintenus en vertu d'une décision rendue vendredi par le Tribunal administratif du travail.

La sous-traitance dénoncée

Le Syndicat des cols blancs de l'île de Montréal, affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dénonce le recours à la sous-traitance et le « manque de respect » de l'administration dont le maire Denis Coderre aurait fait preuve durant les négociations.

« L'enjeu majeur, c'est la sous-traitance », confirme le président du syndicat des cols blancs de la Ville de Montréal Alain Fugère en entrevue à ICI RDI. Il ajoute que la gestion des horaires, des congés mobiles, de la caisse de retraite et des assurances sont également des sujets litigieux.

M. Fugère souligne que le recours à la sous-traitance a été identifié par la commission Charbonneau comme une pratique ayant favorisé le développement de la corruption et de la collusion à Montréal. Il ajoute que le maire Coderre avait fait campagne en promettant de mettre un terme à cette pratique alors qu'il fait maintenant l'inverse.

Les cols blancs ont décidé de déclencher cette grève en raison du manque de respect de l'administration Coderre-Marcoux, ajoute M. Fugère. « On a donné le coup de semonce à l'administration Coderre-Marcoux le 8 décembre dernier et on leur a demandé d'être sérieux et respectueux envers les 8000 cols blancs qui desservent la population », a confié M. Fugère.

« On est allé en conciliation [et] on n'a pas plus de réponse, la ligne dure se garde de leur côté. »

— Alain Fugère

Les deux partis sont toujours engagés dans un processus de conciliation, mais les négociations se sont mal déroulées lors de la dernière journée, selon M. Fugère. Le porte-parole patronal a pris sa retraite, déplore-t-il. « C'est un nouveau qui va arriver, il ne connaîtra pas le dossier et ça va encore traîner en longueur j'ai l'impression », a ajouté M. Fugère tout en osant espérer un règlement rapide du dossier.

Bien que le président du syndicat soit pessimiste quant à l'issue des négociations, les deux partis ont deux autres rendez-vous en conciliation.

INOLTRE SU HUFFPOST

Galerie photo Grève du front commun (9 décembre 2015) Voyez les images