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25/01/2016 18:00 EST | Actualisé 25/01/2017 00:12 EST

Colombie: l'ONU va superviser la fin du conflit entre Bogota et les Farc

L'ONU a accepté lundi de superviser le règlement final du conflit vieux d'un demi-siècle entre le gouvernement colombien et la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Aux termes d'une résolution du Conseil de sécurité adoptée à l'unanimité, une "mission politique" de l'ONU sera établie, à la demande des deux camps, avec des observateurs internationaux chargés de surveiller notamment le désarmement de la guérilla.

La mission sera mise en place "pour une période de douze mois", avec une possibilité d'extension, afin de "surveiller et vérifier" un cessez-le-feu bilatéral définitif.

Le président colombien Juan Manuel Santos a salué l'intervention de l'ONU, demandée par Bogota et par les Farc.

"La décision que le Conseil de sécurité a prise signifie qu'à partir de maintenant nous n'avançons plus seuls, mais avec l'aide de l'ONU, du monde entier, vers la fin de cette guerre", a déclaré M. Santos lors d'une intervention télévisée.

"Il s'agit d'un grand encouragement de la plus haute instance mondiale à tous les Colombiens", a dit M. Santos, qui a remercié les quinze membres du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le pape François "et tous les Etats et organisations qui ont exprimé leur soutien à notre processus de paix".

L'ONU va "lancer immédiatement les préparatifs de la mission". Dans un délai de 30 jours après la signature de l'accord de cessez-le-feu, Ban Ki-moon devra soumettre au Conseil pour approbation des recommandations "sur la dimension, les aspects opérationnels et le mandat" de cette mission, qui sera composée "d'observateurs internationaux non armés".

Ceux-ci seront recrutés parmi les pays de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), qui tient mercredi un sommet à Quito. M. Santos est attendu mardi dans la capitale équatorienne pour formaliser la contribution de la CELAC.

Le mandat et les détails du déploiement des observateurs devront faire l'objet d'une deuxième résolution du Conseil de sécurité. Celle-ci pourrait être adoptée en février, mois pendant lequel la présidence du Conseil sera assurée par le Venezuela.

- 'Beaucoup de travail' -

La ministre colombienne des Affaires étrangères Maria Angela Holguin Cuellar, qui participait à la réunion, a remercié le Conseil ainsi que les gouvernements de Cuba, de Norvège, du Chili et du Venezuela qui ont soutenu le processus de paix entre Bogota et les Farc.

"La volonté des membres du Conseil de travailler avec la Colombie est essentielle pour le succès du processus" de paix, a-t-elle déclaré, soulignant que les Colombiens "ont confiance dans leur capacité de réconciliation". "La paix en Colombie sera bonne non seulement pour nous mais pour la région", a-t-elle affirmé.

"Nous montrons que l'Amérique latine est un continent de paix, débarrassé des conflits armés", a renchéri son homologue uruguayen Rodolfo Nin Novoa, qui présidait la session. L'Uruguay préside le Conseil en janvier.

Il reste "beaucoup de travail" avant la paix, a averti l'ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU, Samantha Power, en promettant l'aide de Washington à Bogota.

L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft, dont le pays a rédigé la résolution, a salué "un moment positif" pour les Nations unies.

"Il y a bien longtemps qu'un pays n'avait pas sollicité de sa propre initiative le Conseil pour avoir une autorisation de l'ONU sur d'importants aspects d'un accord de paix", a-t-il souligné.

Les représentants du gouvernement colombien et des Farc avaient annoncé mardi dernier à La Havane un accord pour demander aux Nations unies de superviser la fin de leur conflit.

Ils ont pris vendredi des dispositions pour accélérer les négociations qu'ils mènent depuis fin 2012 à La Havane. Il y a quelques mois, Bogota et les Farc sont convenus de signer un accord de paix définitif avant le 23 mars, qui mettra fin au conflit armé le plus ancien d'Amérique latine.

Ce conflit a fait au moins 220.000 morts, six millions de déplacés et des dizaines de milliers de disparus.

Les Farc, issues en 1964 d'une insurrection paysanne, comptent encore environ 7.000 combattants, selon les autorités.

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