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24/01/2016 23:04 EST | Actualisé 24/01/2017 00:12 EST

Australie: les républicains se font entendre avant la fête nationale

Sept des huit chefs des Etats et territoires formant l'Australie ont appelé lundi à l'avènement d'une république, l'un d'eux estimant même qu'il ne fallait pas attendre le décès d'Elizabeth II pour couper le cordon avec la monarchie britannique.

A la veille d'Australia Day -fête nationale qui commémore l'arrivée de la flotte britannique à Sydney Cove en 1788 et la proclamation de la souveraineté britannique- ils ont demandé dans une lettre qu'un chef d'Etat australien prenne la place de la reine.

Le Premier ministre d'Australie-Occidentale, Colin Barnett, est le seul responsable d'un Etat ou territoire australien qui n'ait pas signé cette lettre, expliquant, tout en se disant favorable à la république, que le moment n'était pas le bon.

La déclaration s'inscrit dans le cadre d'une campagne du Mouvement républicain australien (ARM).

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull passe lui-même pour un fervent républicain. Il était entré en politique à la fin des années 1990 en militant pour que l'Australie devienne une république, ce qui avait été rejeté par référendum en 1999.

"Tous les responsables politiques australiens soutiennent désormais le principe d'un chef de l'Etat australien", s'est réjoui sur l'Australian Broadcasting Corporation le chef de l'ARM, Peter FitzSimons.

"Jamais par le passé les étoiles de la Croix du Sud n'avaient été si bien alignées pour annoncer l'aube d'un nouvel âge républicain pour l'Australie", a-t-il poursuivi en référence à la constellation qui figure sur le drapeau national.

Pour M. FitzSimons, qui espère le lancement du processus de référendum dès 2020, la déclaration signée lundi est un message au Premier ministre.

Sauf que, pour M. Turnbull, la question sensible d'un changement de régime n'est pas une priorité.

"De mon point de vue, la prochaine occasion d'organiser un référendum sur la république interviendra après la fin du règne de la Reine", avait-il dit l'année dernière.

Un avis que ne partage pas le Premier ministre d'Australie-Méridionale, Jay Weatherill, qui estime que la "marque absolue de respect" serait qu'Elizabeth préside elle-même au changement de régime.

"C'est quelque chose qu'elle pourrait faire, avec l'élégance et l'expertise dont elle a toujours fait preuve dans sa relation à l'Australie en tant que souverain", a-t-il dit à la ABC.

"Quand on y pense, qu'est ce qu'on attend? Qu'elle meure? Je pense que ce beaucoup plus respectueux de lui faire superviser cette transition."

Gabrielle Hendry, une porte-parole de la Ligue monarchiste australienne, ne voit aucune raison de changer un système politique qui "fonctionne".

"Il nous permet d'avoir un chef d'Etat impartial", a-t-elle estimé à l'AFP.

D'autant que changer aurait de lourdes implications juridiques, a de son côté argumenté sur la ABC le président de la Ligue.

"Le fait est que notre Constitution repose sur la Couronne qui représentera toujours le peuple", a expliqué Philip Benwell.

Bien que le pouvoir de la reine en Australie soit essentiellement cérémonial, la monarchie est pour certains Australiens un anachronisme, ce qui n'enlève rien à la très grande popularité d'Elizabeth II sur le continent.

En 2014, un sondage conduit par Nielsen pour le groupe de média Fairfax, auprès de 1.400 personnes, indiquait que 42% des personnes interrogées étaient en faveur d'une république, alors que 51% pronaient le statu quo. Lors du référendum de 1999, la république avait été rejetée par 55% des votants.

Pour autant, M. Weatherill est convaincu que le sentiment républicain prévaut chez les Australiens: "Il s'agit juste de le réveiller"

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