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22/01/2016 07:44 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Scandale de corruption au Nigeria: procès ajourné sur les faux achats d'armes

Au Nigeria, un des procès de l'ancien conseiller à la sécurité nationale, accusé d'avoir détourné de très importantes sommes d'argent, a été ajourné vendredi, certains craignant qu'une enquête baclée puisse faire échouer l'ensemble de la campagne anti-corruption en cours.

Le colonel Sambo Dasuki, 60 ans, est poursuivi pour trois affaires différentes, dans un scandale portant sur deux milliards de dollars. Il est notamment accusé de détention illégale d'armes à feu, de blanchiment d'argent et de détournement des fonds qui étaient destinés à l'achat d'armes et d'équipement pour lutter contre le groupe islamiste Boko Haram.

En tout, 19 chefs d'accusation portant sur des faux contrats d'achat d'armes devaient lui être énoncés vendredi mais l'affaire a été reportée à cause d'un contentieux sur son maintien en détention après avoir obtenu une mise en liberté conditionnelle.

"On ne peut pas traiter le problème aujourd'hui", a déclaré le juge Hussein Yusuf devant la Haute Cour d'Abuja avant d'ajourner l'affaire au 4 février.

Les procès pour détention illégale d'armes à feu et pour blanchiment d'argent doivent, eux, débuter le 16 février.

Le président Muhammadu Buhari, élu l'année dernière, a lancé une vaste campagne de lutte contre la corruption, endémique dans la première puissance économique d'Afrique, procédant à une série d'arrestations et de poursuites.

Cette semaine, le gouvernement a annoncé avoir découvert que 55 personnes avaient siphonné plus de six milliards de dollars de fonds publics entre 2006 et 2013.

Mais en donnant l'impression de bâcler les différents procès en cours, le Congrès progressiste (APC, au pouvoir) pourrait prêter le flanc à des critiques, au moment où l'opposition commence à crier à la chasse aux sorcières.

Lors de l'audition du porte-parole du Parti démocratique du peuple (PDP, principal parti d'opposition), Olisa Metuh, poursuivi dans le cadre de deux affaires criminelles, qui avait lieu dans le même tribunal, le juge a rappelé l'importance du respect de la procédure.

"Je ne peux pas laisser les choses aller dans tous les sens", a déclaré le juge Ishaq Bello avant d'ordonner la mise en liberté conditionnelle de M. Metuh.

De son côté, Deji Adeyanju, le porte-parole du PDP pour les réseaux sociaux, a condamné "une vendetta" contre son parti.

"Le gouvernement est en train de se tirer une balle dans le pied en ne prenant pas le temps de mener les enquêtes correctement", a estimé le militant nigérian des droits de l'homme Clement Nwankwo. "C'est bien si les gens sont appelés à répondre de leurs actes, mais ce n'est pas si bien si cela passe pour une chasse aux sorcières politisée (...)et pas correctement instruite", a-t-il estimé.

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