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22/01/2016 02:02 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Rapport Litvinenko: la presse britannique appelle à la fermeté face à la Russie

Une partie de la presse britannique craignait vendredi que le rapport d'enquête sur le meurtre d'Alexandre Litvinenko impliquant la Russie ne reste lettre morte, Londres ayant, à quelques jours d'une conférence sur la Syrie, d'autres priorités diplomatiques.

Publié jeudi, le rapport du juge Robert Owen fait état de "preuves qui établissent clairement la responsabilité de l'État russe dans la mort de M. Litvinenko", empoisonné au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique et quasiment indétectable, en 2006 à Londres.

Le magistrat ajoute que "l'opération du FSB (services secrets russes, successeur du KGB, NDLR) a probablement été approuvée par M. Patrouchev (Nikolaï Patrouchev, ex-chef du FSB, ndlr) et aussi par le président (Vladimir) Poutine".

Dans la foulée, le gouvernement britannique a convoqué l'ambassadeur de Russie à Londres et annoncé le gel des avoirs éventuels des deux exécutants présumés, Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun, au Royaume-Uni.

Mais pour le Times, ces mesures s'apparentent à des "formalités" et n'"auront guère d'impact sur les suspects eux-mêmes ou sur l'attitude de l'Etat russe".

Le gouvernement britannique, poursuit le quotidien, doit apporter une "réponse bien plus ferme". "La Russie a été tenue pour responsable du meurtre d'Alexandre Litvinenko. Le Royaume-Uni doit maintenant faire en sorte que Moscou en paie le prix".

"Les diplomates diront que les relations russo-britanniques sont trop complexes pour se résumer à un seul dossier. Mais le cas Litvinenko est symptomatique", écrit le journal, dénonçant la propension de "M. Poutine et de ses agents" à mener des "vendettas personnelles dans les capitales étrangères".

Le quotidien The Guardian note également que la réponse du gouvernement de David Cameron est finalement "faible". "C'est triste à dire mais le gouvernement britannique est passé à autre chose", écrit-il. "La diplomatie britannique a des priorités plus pressantes que sanctionner la Russie pour une mort vieille d'une décennie".

"Dès le départ, le gouvernement britannique ne voulait pas de l'enquête de Robert Owen, pas plus qu'il ne souhaitait que ses conclusions explosives, impliquant le président russe, ne soient publiées à un moment si sensible", ajoute le journal en référence aux négociations sur la Syrie qui doivent se tenir à Genève.

The Independent s'interroge de son côté sur l'exhaustivité du rapport, regrettant le manque d'informations sur l'introduction du polonium-210 au Royaume-Uni, qui constitue pourtant "une énorme faille de sécurité".

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