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22/01/2016 01:20 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Manifestation à Grozny de soutien à Kadyrov, pourfendeur de l'opposition libérale

Les autorités de la république russe de Tchétchénie ont organisé vendredi à Grozny une manifestation de soutien à leur dirigeant Ramzan Kadyrov, au coeur d'une polémique après avoir menacé l'opposition libérale et les médias, "ennemis du peuple" à la botte des Occidentaux.

La manifestation, bien préparée par les autorités locales qui avaient demandé à l'administration, aux universités et aux entreprises de permettre aux fonctionnaires, ouvriers et étudiants de s'y rendre, a rassemblé environ 100.000 personnes selon un photographe de l'AFP sur place.

Le ministère local de l'Intérieur avançait lui le chiffre de "800.000", ce qui représenterait presque quatre fois la population de Grozny.

Selon les données officielles, la Tchétchénie comptait en décembre 2015 un peu moins d'1,4 millions d'habitants, tandis que Grozny était peuplée de 220.000 âmes.

Les manifestants arboraient des pancartes "Notre force est dans l'unité", "Je suis pour Kadyrov" ou encore "Il vous faut un grand effondrement, il nous faut une grande Russie", en référence aux accusations de "traîtrise" régulièrement proférées par le président tchétchène envers les critiques du Kremlin.

Des soutiens du président tchétchène avaient auparavant diffusé sur les réseaux sociaux des photos de lui accompagnés du slogan "Kadyrov, fierté de la Russie".

Cette manifestation de soutien à Ramzan Kadyrov et à la politique du président Vladimir Poutine intervient après des propos controversés du dirigeant tchétchène, qui s'était publiquement prononcé pour l'internement en hôpital psychiatrique des "traîtres à la patrie" et "ennemis du peuple", opposition libérale et médias indépendants.

Évoquant notamment la radio indépendante Echo de Moscou, la télévision Dojd et le quotidien RBK, M. Kadyrov s'était proposé dans une tribune de traiter médicalement leur "psychose" pour "sauver la Russie".

Le dirigeant tchétchène supporte mal la critique. Dans sa république, les autorités n'hésitent guère à entretenir un culte de la personnalité de M. Kadyrov, dont le portrait se dresse un peu partout à Grozny.

Plusieurs personnes qui avaient critiqué sa gestion à poigne de la Tchétchénie ont été tuées au cours des dix dernières années, notamment la journaliste d'investigation Anna Politkovskaïa assassinée en octobre 2006 ou Natalia Estemirova, la représentante de l'ONG Mémorial à Grozny, tuée en 2009.

Des Tchétchènes sont également soupçonnés du meurtre en février 2015 de l'opposant Boris Nemtsov à Moscou.

En janvier 2015, des centaines de milliers de personnes avaient manifesté dans la capitale tchétchène contre la publication de caricatures du prophète Mahomet par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, moins de deux semaines après les attentats contre les locaux du journal à Paris.

pho-pop/kat/alc

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