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21/01/2016 20:15 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Loin des montagnes, le ski pour tous à l'année sur un terril sans neige

Faire du ski à 600 kilomètres des montagnes, c'est possible toute l'année sur la piste synthétique installée en plein air sur un terril de Noeux-les-Mines, dans le nord de la France, une station unique en Europe.

A 129 mètres d'altitude, la plus basse station de ski de France fête son vingtième anniversaire et accueille le public sur trois pistes, hiver comme été, sans qu'aucun flocon ne soit nécessaire à son bon fonctionnement.

"C'est comme à la montagne sauf que quand je tombe, j'ai pas froid!", s'exclame Alexandre, 10 ans, qui, paré de sa combinaison rouge vif et d'un casque, vient de descendre d'une seule traite la piste verte de 320 mètres de long.

Avec un tapis synthétique constamment humidifié par des brumisateurs en lieu et place de la poudreuse, les sensations de glisse et de vitesse sont au rendez-vous bien que le ressenti diffère légèrement.

"On a l'impression d'être sur de la neige fraîche car on descend un peu moins vite et on a besoin d'accentuer davantage ses mouvements. Après avoir appris à skier sur ce revêtement, vous êtes au top pour la neige!", assure Christophe Delos, directeur du site.

"Le sol est un peu plus dur, il faut faire attention", prévient néanmoins Virginie, après sa chute, surprise par une butte.

C'est qu'à côté des pistes bleue et verte se dresse une rouge avec 21 bosses. S'y ajoutent trois tremplins, une corniche et même un half-pipe, pour les skieurs les plus téméraires et pour les snowboarders.

"La fédération anglaise y a même organisé ses championnats nationaux de ski freestyle deux années de suite", se targue M. Delos.

- Fierté régionale -

Ouvert en 1996, le lieu fait la fierté de toute la région et attire chaque année quelque 15.000 amateurs de glisse venus principalement des alentours, mais également de Belgique, des Pays-Bas et d'Angleterre ou encore de la région parisienne: deux heures de route seulement séparent la capitale de cette commune du bassin minier de 12.500 habitants.

"Paradoxalement, alors que la station est ouverte toute l'année, la fréquentation est plus importante en hiver car on pense plus au ski" à ce moment-là, sourit le responsable.

Le site de 10.000 m2, classé "station de montagne" et qui propose également des cours collectifs encadrés par des moniteurs fédéraux, bénéficie du même type d'équipements qu'à La Clusaz ou L'Alpe d'Huez avec notamment deux tire-fesses, à prix modique: l'heure de ski, matériel de location compris, oscille entre 5 et 8 euros.

"Cette piste a un rôle social. Notre objectif n'est bien entendu pas de concurrencer Val d'Isère mais de permettre à des jeunes ou à des populations parfois en difficulté d'avoir accès à un loisir souvent inabordable", explique Thierry Tassez, en charge de l'aménagement du territoire dans la communauté d'agglomération de l'Artois.

Bien que la gestion de cette station ne constitue pas "un gouffre financier", selon l'élu, le site "n'est pas rentable", dit-il.

"Il doit être considéré comme un véritable service rendu au public" et vu comme un "atout touristique". De quoi contribuer en partie à tourner la page d'un glorieux passé minier dans cette région, après la fermeture du dernier puits de la commune en 1968, pour se lancer dans le "défi de la reconversion".

M. Tassez souligne que "dans le bassin minier, dévaler les pentes de schiste sur le couvercle d'une +bouilleuse+ (l'ancêtre de la machine à laver, NDLR) était une pratique très répandue". Ensuite, l'idée d'une station de ski "a germé, jusqu'à ce que le maire d'alors propose un concept révolutionnaire pour l'époque: faire du ski chez les Ch'tis toute l'année".

Se réjouissant que, "pour une fois dans le nord", la météo ne soit pas un facteur défavorable, il ironise: "Et s'il y a de la neige, on peut même faire du hors-piste!" ailleurs sur le terril...

dac/rl/ak

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