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22/01/2016 13:44 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Les langues autochtones valent bien les monuments historiques, lance un chef

NATIONS UNIES — Un chef autochtone de la Colombie-Britannique a lancé un cri d'alarme, cette semaine aux Nations unies, afin de sauver de l'extinction les langues indigènes de la planète, «qui méritent l'attention du monde autant que les sites patrimoniaux».

Edward John, membre du Forum permanent de l'ONU sur les questions autochtones, a admis en conférence de presse, jeudi, que les monuments historiques sont importants, mais il a précisé que les langues vernaculaires constituent «la composante essentielle du patrimoine culturel» et qu'elles devraient donc bénéficier de la même attention de la part de la communauté internationale.

M. John a prononcé l'allocution de clôture d'une conférence des Nations unies qui a réuni pendant trois jours des experts afin de discuter des moyens de revitaliser la plupart des 6000 à 7000 langues encore parlées par des peuples autochtones dans le monde.

Le chef canadien a conclu de cette conférence qu'il faut en priorité mettre l'accent sur la langue parlée, davantage que sur les dictionnaires ou les livres.

Edward John a rappelé le discours du secrétaire général des Nations unies devant le Forum permanent, en mai 2011, où Ban Ki-moon déplorait qu'«une langue aborigène disparaît à toutes les deux semaines, et que les cultures autochtones sont menacées d'extinction».

Selon le grand chef de la nation Tl'azt'en, en Colombie-Britannique, les gouvernements doivent s'engager de toute urgence à identifier les langues vernaculaires dans leur pays, ainsi que le nombre et l'âge de leurs locuteurs, afin de dresser un portrait global de la situation — ce qui n'a jamais été fait. Ensuite, on pourra revitaliser les langues qui sont le plus menacées.

«Certaines langues ne sont plus parlées que par une poignée d'individus et lorsqu'ils ne seront plus là, cette langue disparaîtra — et avec elle cette culture et ce patrimoine», a indiqué M. John.

Amy Kalili, une aborigène d'Hawaii, cite en exemple ce qui s'est fait en Nouvelle-Zélande, où les Maoris reçoivent maintenant une éducation dans leur langue, et disposent de stations de radio et de télévision financées par le gouvernement.

En comparaison, le chef John a fréquenté un pensionnat pour Autochtones où on lui interdisait de parler sa langue maternelle, le déné. Selon lui, les nouvelles technologies, comme les téléphones intelligents, pourraient offrir des outils intéressants afin de garder vivantes les langues autochtones chez les plus jeunes.

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