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22/01/2016 08:06 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Les entraîneuses sont persuadées que la barrière des sexes s'effritera davantage

Tandis que la barrière des sexes s'effrite progressivement chez les entraîneurs professionnels, certains intervenants de la communauté sportive canadienne ont indiqué qu'un autre enjeu important se pointe à l'horizon: encourager les femmes à devenir entraîneuses.

«La réponse préconçue, c'est que l'environnement est réfractaire et qu'il y a de l'isolement», a déclaré Lorraine Lafrenière, chef de la direction de l'Association canadienne des entraîneurs.

«Je crois que des changements commenceront à s'effectuer au moment où nous viserons la parité entre les sexes parmi les entraîneurs des équipes féminines... c'est ça le principal défi», a-t-elle ajouté.

La NFL compte depuis peu dans ses rangs la première entraîneuse à temps plein de son histoire. Kathryn Smith a été promue à titre d'entraîneuse responsable du contrôle de la qualité des unités spéciales au sein du personnel de Rex Ryan chez les Bills de Buffalo, plus tôt cette semaine. Plusieurs femmes ont occupé des postes au sein de l'administration, mais l'embauche de femmes au sein du personnel d'entraîneurs est un phénomène plutôt récent au sein du sport professionnel masculin nord-américain.

La directrice athlétique adjointe de l'Université Brock, Chris Critelli, a déjà occupé la fonction d'entraîneuse de l'équipe féminine de basketball de cette école située à St. Catharines, en Ontario. Elle a confié qu'il y a lieu d'être optimiste lorsqu'on aborde la place des femmes à la tête d'une équipe sportive, mais a aussi rappelé qu'il y a encore place à l'amélioration.

«Je le vois dans les bureaux, je le vois sur le terrain, les choses changent, a-t-elle mentionné. Mais les femmes doivent elles-mêmes se mettre en valeur. Nous devons inciter davantage de femmes à accepter des postes d'entraîneuses, elles doivent vouloir devenir entraîneuses, car il n'y en a pas assez qui veulent dédier leur vie — comme le font les hommes — à l'entraînement d'une équipe sportive. Ce n'est pas un réflexe encore.»

La vie d'un entraîneur peut être difficile, peu importe le sexe. Les journées de travail sont longues, la fonction peut être difficile à concilier avec la vie de famille, les voyages peuvent être éreintants et le fait d'entreprendre sa carrière au bas de l'échelle est souvent accompagné d'un salaire dérisoire.

Il y a de nombreuses entraîneuses adjointes présentes dans plusieurs disciplines dans le sport interuniversitaire canadien. Mais seules quelques-unes d'entre elles ont été entraîneuses-chef. Et elles sont encore plus rares à l'avoir été au sein d'équipes masculines.

L'entraîneuse Olga Hrycak a dirigé pendant une décennie l'équipe masculine de basketball de l'Université du Québec à Montréal avant d'annoncer sa retraite l'an dernier. Elle a passé près de 50 ans à diriger des hommes et des femmes à quasiment tous les niveaux, et croit qu'un jour l'une d'entre elles deviendra entraîneuse-chef dans la NBA.  

«C'est moins rapide que ce que j'anticipais, a-t-elle admis. Mais si on compare le talent, les performances, les capacités, il n'y a aucune raison pour qu'une femme ne puisse devenir entraîneuse à ce niveau-là, donc ça va se produire.»

Chez les professionnels, l'ex-joueuse de la WNBA Becky Hammon a été embauchée par les Spurs de San Antonio en 2014 pour se joindre au personnel d'entraîneurs de Gregg Popovich. Elle est ainsi devenue la première entraîneuse adjointe à temps plein dans la NBA. Puis, dans les Ligues majeures de baseball le mois dernier, les Mariners de Seattle ont offert un poste de recruteuse à Amanda Hopkins.

Smith, entre-temps, a passé la dernière campagne à titre d'adjointe administrative aux entraîneurs adjoints des Bills avant d'obtenir sa promotion. Elle a travaillé avec Ryan pendant de nombreuses années — elle était l'adjointe au personnel sportif des Jets de New York lorsque Ryan a été embauché à titre d'entraîneur-chef en 2009.

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