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22/01/2016 11:12 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Lech Walesa accuse les conservateurs polonais de "ruiner le pays"

L'ancien président polonais Lech Walesa, chef historique du mouvement Solidarité, a accusé vendredi le parti conservateur au pouvoir à Varsovie de "ruiner le pays" par ses mesures controversées touchant le Tribunal constitutionnel, les médias publics et d'autres institutions démocratiques.

"Nous avons beaucoup oeuvré pour acquérir la liberté. En ce moment, nous sommes en train de le gaspiller. Le monde observe ce que nous faisons, comment nous avons du mal à gérer la démocratie", a regretté le prix Nobel de la paix, à la télévision privée TVN24.

Selon lui, les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir depuis octobre, "ruinent ce pays".

Lech Walesa, opposant virulent du parti de Jaroslaw Kaczynski, a renoué à ses critiques prononcées après l'adoption par le PiS d'une loi très controversée sur le Tribunal constitutionnel.

"Tout le monde sait qu'ils ont violé la constitution et eux ils disent que non, effrontément, droit dans les yeux", a-t-il insisté.

Selon la Cour suprême, l'opposition libérale, de nombreux juristes et des organisations non gouvernementales dont Amnesty International et la Fondation d'Helsinki, la nouvelle loi paralysera complétement le Tribunal, alors que le PiS déclare vouloir éliminer ainsi un obstacle à la mise en oeuvre de ses réformes.

La Commission européenne, préoccupée par la situation du Tribunal, mais aussi par l'évolution des médias publics, a lancé une procédure de vérification de la situation en Pologne et le Parlement européen y a consacré un débat mardi à Strasbourg.

La Première ministre Beata Szydlo y a assuré que les mesures prises par son gouvernement restaient "dans le respect de la Constitution, de la loi et des traités européens".

"Je n'ai jamais entendu un mensonge aussi gros", a déclaré l'ancien chef de l'Etat polonais.

"Les juges, les juristes, tout le monde dit: vous mentez, vous trompez les autres et ils répondent qu'il pleut", a ironisé Lech Walesa.

Fin décembre, Lech Walesa avait déjà appelé à un référendum en vue d'organiser des élections anticipées mais son appel n'a pas eu d'écho notable.

En 1990, Lech Walesa avait pour conseillers à la présidence, avant de se brouiller avec eux, Jaroslaw Kaczynski, l'actuel chef du PiS, et son frère jumeau Lech, mort en 2010 dans l'accident de son avion présidentiel à Smolensk (Russie).

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