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22/01/2016 07:55 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Le Parlement croate vote l'investiture du nouveau gouvernement

Le Parlement croate devait voter vendredi soir l'investiture du nouveau gouvernement mené par Tihomir Oreskovic, un expert financier qui a annoncé des "décisions difficiles" pour redresser l'économie fragile de ce récent membre de l'UE, confronté aussi à la crise migratoire.

"Notre objectif est d'améliorer la situation économique et politique en Croatie, ainsi que le niveau de vie des citoyens", a déclaré le futur Premier ministre aux députés élus en novembre.

"Nous devons être préparés à prendre des décisions difficiles", a-t-il ajouté en présentant son programme axé surtout sur l'économie.

M. Oreskovic, 49 ans, a fait sa carrière au sein du géant pharmaceutique Teva, dont il a été au cours des dix dernier mois le directeur financier en charge du marché mondial des médicaments génériques.

Novice en politique, il est peu connu de ses compatriotes. Il a grandi et fait ses études au Canada, dont il a également la nationalité.

L'économie croate, qui n'avait pas enregistré de croissance depuis 2008, a connu une hausse de 1,7% de son PIB en 2015, selon la Banque nationale (HNB) qui prévoit une croissance de 1,8% cette année.

Plus optimiste, M. Oreskovic a affirmé qu'il tablait sur une hausse annuelle de 3% du PIB durant son mandat de quatre ans et annoncé des investissements dans les secteurs de l'énergie, du tourisme et des infrastructures.

- Dette, chômage et migrants -

Ses principaux objectifs, a-t-il affirmé, seront de réduire d'ici 2020 la dette publique à moins de 80% du PIB, alors qu'elle frôle actuellement les 90%, et de ramener vers 2017 le déficit budgétaire en dessous de 3% du PIB, contre 5% actuellement.

Il a promis aussi de réduire le taux de chômage en dessous de 14%, contre 18% actuellement.

Tihomir Oreskovic a été proposé par une coalition formée par l'Union démocratique croate (HDZ, conservateurs) et de Most, un nouveau parti hétéroclite qui rassemble des personnalités de diverses couleurs politiques.

Le pays était dirigé depuis fin 2011 par une coalition de centre-gauche.

Le poste de chef de la diplomatie devrait être occupé par Miro Kovac, un diplomate expérimenté issu du HDZ, alors que le portefeuille des finances devrait revenir à un ancien haut responsable du groupe de distribution, Agrokor, la plus importante société du pays.

Mais l'entrée en piste du nouveau gouvernement démarre sur une fausse note avec une nomination contestée au poste de ministre de la Culture: celle de Zlatko Hasanbegovic (HDZ), un historien critiqué pour avoir tenu par le passé des propos révisionnistes, selon ses détracteurs.

Les élus de gauche ont dénoncé sa nomination à la tribune du Parlement, tandis que devant l'Assemblée une centaine de manifestants ont bruyamment condamné ce choix du Premier ministre.

L'association croate des journalistes s'est dite "consternée" par la nomination de M. Hasanbegovic, soulignant qu'il avait récemment déclaré que l'antifascisme était une "phrase vide". M. Hasanbegovic a, pour sa part, dénoncé un "lynchage idéologique".

Le cabinet, qui compte 22 ministres, devrait être investi sans problème car la nouvelle coalition dispose d'au moins 78 des 151 sièges au Parlement.

Le nouveau gouvernement croate devra parallèlement gérer la crise migratoire dans un pays qui a été traversé depuis septembre par plus de 600.000 réfugiés en route vers l'Europe occidentale.

"Nous allons consulter nos partenaires dans la région et au sein de la Commission européenne (ndlr, sur la manière de gérer la crise), mais notre principal message est que nous allons protéger les intérêts de la Croatie", a dit M. Oreskovic.

ljv-rus/cn/cls

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