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22/01/2016 04:33 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

La Française Christine Lagarde candidate à sa succession à la tête du FMI

Forte des soutiens de poids reçus ces derniers jours, la Française Christine Lagarde a formellement lancé vendredi sa candidature à un deuxième mandat à la tête du FMI, malgré sa mise en cause en France dans la gestion d'un arbitrage controversé en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie.

"Oui, je suis candidate pour un deuxième mandat", a déclaré sur la télévision France 2 Mme Lagarde, en direct de Davos, où elle participe au Forum économique mondial (WEF). Elle avait pris les rênes de l'institution financière en 2011 dans le fracas du scandale Dominique Strauss-Kahn.

"J'ai eu l'honneur de recevoir des soutiens dès l'ouverture de la procédure", a-t-elle affirmé, au lendemain de l'ouverture du dépôt de candidatures pour sa succession, mentionnant tout particulièrement la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la Chine.

La candidature de l'ancienne ministre de l'Economie pourrait toutefois être gênée par son renvoi en décembre devant la justice française pour sa "négligence" supposée dans l'affaire de l'arbitrage rendu en faveur de l'homme d'affaires français Bernard Tapie concernant la vente d'Adidas par la banque du Credit Lyonnais.

L'affaire remonte à 2008 quand un tribunal arbitral privé, validé par le ministère de l'Economie alors dirigé par Mme Lagarde, avait octroyé plus de 404 millions d'euros à Bernard Tapie. Ce dernier estimait avoir été floué par la banque publique au moment de la revente de l'équipementier sportif Adidas en 1994.

Le choix de tourner le dos à la justice ordinaire et de recourir à cet arbitrage pour régler une affaire mettant en jeu des deniers publics avait été vivement contestée à l'époque.

La sentence a finalement été annulée début 2015, la justice estimant qu'elle était entachée d'un soupçon de fraude.

Interrogée sur cette affaire, Mme Lagarde a réitéré avoir "agi dans l'intérêt de l'Etat, conformément à la loi". "J'ai ma conscience pour moi dans cette affaire. J'espère que la justice, au terme de la procédure, aussi longue et pénible qu'elle soit, en conviendra", a-t-elle affirmé, rappelant que ses avocats avaient "formé un pourvoi contre cette décision".

Interrogée pour savoir si elle avait agi à l'époque "sur ordre de l'Elysée" -- le président était alors Nicolas Sarkozy--, elle a évité de répondre à cette question.

Malgré cette affaire, la dirigeante a toutefois reçu en décembre le soutien du conseil d'administration du FMI qui s'est dit "confiant" dans ses capacités à assurer ses fonctions en dépit de ces tracas judiciaires.

La décision finale sur sa candidature sera prise d'ici au début mars sur la base du consensus par le conseil d'administration du FMI, l'instance de direction de l'institution qui compte 24 membres représentant les 188 Etats membres.

La règle tacite réservant la direction du FMI à un Européen rend par ailleurs peu probable une candidature poussée par un grand pays émergent.

- La France a 'proposé' -

A six mois de la fin de son premier mandat à la tête du FMI, Mme Lagarde a rappelé vendredi que les Etats-Unis, principal actionnaire du FMI et dont le soutien est indispensable, avaient l'habitude de communiquer leur position à la fin du processus.

Elle a toutefois cité de récentes déclarations favorables au sein de l'administration du président Barack Obama.

"Les propos du vice-président (Joe Biden) des Etats-Unis l'autre jour dans son intervention publique étaient extrêmement élogieux et presque embarrassants et le secrétaire d'Etat au Trésor (Jack Lew) a dit espérer continuer à travailler avec moi", a-t-elle souligné.

"Je pense qu'il est difficile pour les Etats-Unis de faire beaucoup plus à ce stade", a assuré Mme Lagarde, qui vient de fêter ses 60 ans.

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a souligné vendredi que la France avait "proposé" la candidature de Mme Lagarde. Le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a lui qualifié l'ex-ministre d'"excellente directrice du FMI". "Si elle continuait à l'être nous serions très heureux de continuer de coopérer avec elle", a-t-il affirmé.

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