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22/01/2016 12:15 EST | Actualisé 22/01/2016 12:15 EST

Hollande veut prolonger l'état d'urgence «pour trois mois»

Le président français François Hollande veut demander au Parlement la prolongation «pour trois mois», au-delà du 26 février, de l'état d'urgence instauré après les attentats de novembre à Paris, a rapporté vendredi le dirigeant du Parti communiste (PCF).

«Le président nous a confirmé que plusieurs textes seraient présentés le 3 février en Conseil des ministres, dont la prolongation pour trois mois de l'état d'urgence», a déclaré le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, à l'issue d'un entretien à l'Élysée avec le chef de l'État.

«Tous les moyens» utilisables «jusqu'à en finir» avec l'EI

Le premier ministre français Manuel Valls a affirmé à la BBC que la France pouvait «utiliser tous les moyens» face au terrorisme «jusqu'à ce qu'on puisse en finir» avec le groupe État islamique (EI), des déclarations interprétées vendredi par certains comme une volonté de maintenir l'état d'urgence pendant des années.

Interrogés par l'AFP, les services du chef du gouvernement ont assuré que l'exécutif n'avait nullement cette intention et qu'il n'y avait «aucune annonce» dans ces propos, tenus en français et enregistrés la veille en marge du Forum économique mondial de Davos (Suisse).

«La guerre, c'est utiliser tous les moyens dans notre démocratie pour protéger les Français. Donc, c'est en effet l'état d'urgence. Nous allons voir si nous allons le prolonger», répond le premier ministre à la BBC, qui l'interroge sur la prolongation de l'état d'urgence décrété après les attentats du 13 novembre.

«Jusqu'à quand?» demande la journaliste. «Le temps nécessaire. Nous ne pouvons pas vivre tout le temps avec l'état d'urgence. Mais tant que la menace est là, nous pouvons utiliser tous les moyens», répond Manuel Valls.

«Cela peut être pour toujours?» relance la journaliste. «Jusqu'à ce qu'on puisse, évidemment, en finir avec DAECH», répond alors le chef du gouvernement, dans cet extrait qui n'a pas encore été diffusé par la BBC, mais dont l'AFP a obtenu une copie sans doublage.

«Est-ce que vous pouvez en finir? Beaucoup disent que c'est le combat d'une génération... 30 ans...», lui demande la BBC. «Je le crois. Et il faut dire la vérité, pas seulement aux Français, mais à tous ceux qui sont concernés par le terrorisme. C'est une génération qui peut être concernée par cette guerre», assure le chef du gouvernement.

Ces déclarations ont suscité en France des réactions notamment d'opposants à la prolongation de l'état d'urgence ou d'adversaires du premier ministre, comme l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot qui a évoqué sur Twitter «la fin de l'État de droit».

Décrété en novembre après les pires attentats (130 morts, des centaines de blessés) commis en France depuis la Seconde Guerre mondiale, l'état d'urgence devait s'achever le 26 février.

Mercredi, la Ligue française des droits de l'Homme a saisi le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative du pays, pour mettre fin à tout ou partie des contraintes de l'état d'urgence.

Mardi, des experts des Nations unies ont recommandé à la France de ne pas prolonger l'état d'urgence au-delà du 26 février, estimant qu'il imposait des «restrictions excessives et disproportionnées aux libertés fondamentales».

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