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22/01/2016 07:58 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Dépeceurs chinois jugés à Paris: 20 ans requis contre la nourrice

Vingt ans de prison ont été requis vendredi à Paris à l'encontre d'une nourrice chinoise accusée d'avoir tué et dépecé les parents d'un bébé dont elle avait la garde, et un acquittement réclamé pour son compagnon.

"Lorsque j'ai pris connaissance du dossier, j'ai été saisi par l'horreur de ce qui s'était passé, d'imaginer cette odeur de sang, cette boucherie dans la salle de bains", a déclaré l'avocat général Julien Eyraud avant d'appeler les jurés à dépasser cette vision macabre pour s'en tenir aux preuves.

Pour lui, la nourrice, Hui Zhang, qui a reconnu le double meurtre, ne peut pas prouver la légitime défense. Et, a contrario, rien ne prouve que son compagnon, Te Lu, a lui-même porté des coups mortels.

"Ce n'est pas une chance pour moi d'être en vie, de vivre avec cette culpabilité, c'est une véritable torture", a déclaré l'accusée à la fin des débats. "J'espère que vous avez compris le tourbillon de malheurs que l'on a vécu, notre sincérité et nos regrets", a ajouté son compagnon.

La nounou a reconnu avoir tué en 2012 un couple de compatriotes, lors d'une altercation à son domicile après le décès accidentel de leur bébé qu'elle gardait.

La jeune femme, aujourd'hui âgée de 34 ans, les avait fait venir chez elle avec l'intention de leur proposer un arrangement financier s'ils acceptaient de renoncer à déclarer la mort de leur fils, mais la rencontre a mal tourné.

Hui Zhang a reconnu avoir tué les victimes avec une hachette, puis avoir découpé leurs corps dans une baignoire avant de se débarrasser des morceaux au bois de Vincennes, à l'est de Paris, et dans des poubelles.

Mais la nourrice affirme n'avoir fait que se défendre après avoir été agressée par les parents armés d'un couteau de boucher. Son compagnon, également 34 ans, dit s'être évanoui après avoir été blessé dans la bagarre.

Les accusés s'étaient rendus eux-mêmes à la police, après être brièvement retournés en Chine. S'ils affirment avoir toujours voulu revenir, la police les soupçonne d'y avoir été contraints pour échapper à la peine de mort. Un avis de recherche avait été diffusé en Chine, les citant nommément comme ayant pu être liés à la disparition d'une famille chinoise.

Le verdict est attendu dans la soirée.

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