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22/01/2016 02:15 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Chine: un journal dénonce les explications "superstitieuses" de la baisse des naissances

Un journal d'Etat chinois a fustigé vendredi la "superstition" des autorités après que celles-ci ont blamé "l'année du Mouton" pour expliquer la chute des naissances l'an passé, malgré un assouplissement de la politique de "l'enfant unique".

La Chine, pendant plus de trois décennies, a empêché la plupart des couples d'avoir deux enfants, appliquant parfois la loi avec brutalité et infligeant de lourdes amendes aux contrevenants.

Pour les autorités, ces restrictions ont cependant été un moteur clé du boom économique, mais le vieillissement de la population, la baisse du nombre d'actifs et un sévère deséquilibre hommes-femmes ont entraîné plusieurs assouplissements successifs ces dernières années.

Tous les couples sont désormais autorisés à avoir deux enfants depuis le début janvier.

Quelque 320.000 naissances de moins ont été enregistrées l'an passé en Chine, à 16,55 millions, a annoncé le Bureau national des statistiques cette semaine.

Beaucoup de couples sont réticents à avoir un deuxième enfant en raison du coût de la vie et des impératifs de carrière.

Un responsable de la Commission nationale pour la santé et le planning familial (CNSPF), équivalent d'un ministère, a en partie attribué ce déclin à l'influence de "l'année du Mouton", entamée en février 2015 selon l'astrologie chinoise.

La plupart des enfants nés durant cette période seront malheureux dans la vie, selon une croyance traditionnelle encore largement répandue.

La commission a également expliqué la chute par une baisse d'environ 5 millions du nombre de femmes en âge de procréer.

"L'explication expéditive proposée par la CNSPF pour la réduction du nombre de nouveaux-nés en 2015 semble farfelue", a tancé le journal officiel China Daily, dans un éditorial critique des autorités, un geste rare.

Cet "usage créatif de la superstition n'aide ni à comprendre les véritables enjeux démographiques ni à accroître la crédibilité des estimations de croissance de population", poursuit le journal.

En 2014, les couples avaient déjà été autorisés à avoir deux enfants, à la condition que l'un des deux parents soit enfant unique.

A l'époque, des dirigeants cités par le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste, prédisaient deux millions de naissances supplémentaires suite à l'assouplissement.

Au final, le nombre de naissances de "deuxièmes enfants" avait grimpé de moins d'un million cette année-là, à 6,06 millions, selon la CNSPF.

En 2015, 6,52 millions sont venus au monde.

wf-ehl/jug/pt

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