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22/01/2016 03:07 EST | Actualisé 22/01/2017 00:12 EST

Chine: au moins 880 millions EUR de fonds publics détournés par des politiques (étude)

Les responsables politiques chinois épinglés pour corruption depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping ont détourné l'équivalent d'au moins 880 millions d'euros de fonds publics, selon une base de données compulsée par des analystes.

La vaste campagne anticorruption lancée par Xi il y a plus de deux ans et toujours en cours vise à assainir les rangs du Parti communiste, mais ses détracteurs doutent de son efficacité et pointent de probables règlements de comptes politiques.

ChinaFile, une publication de l'Asia Society -- une organisation éducative basée à New York --, a recensé presque 1.500 cas de responsables corrompus tombés au cours de cette campagne et dévoilés publiquement.

Selon les informations qu'ils ont réunies, seuls 231 responsables ont été reconnus coupables ou condamnés par les tribunaux chinois, soit une fraction très marginale de ceux ayant été placés sous enquête par la Commission disciplinaire, le gendarme du Parti.

La justice chinoise --étroitement soumise au pouvoir politique-- a conclu que ces responsables avaient détourné ou fait un usage illégal de 6,3 milliards de yuans de fonds publics au total, soit quelque 880 millions d'euros, selon les différents verdicts rendus publics.

Dans l'une des affaires documentées, un cadre a dépensé 200.000 yuans d'argent public dans des bijoux en jade. Un autre a tenté de dissimuler quelque 30 millions de yuans qu'il avait dérobés dans la société de jardinage appartenant à sa maîtresse.

Le président Xi s'était engagé à frapper aussi bien les "tigres" que les "mouches", c'est-à-dire autant les hiérarques du Parti que les petits cadres.

C'est dans ce contexte que les autorités ont annoncé vendredi la démission du gouverneur de la province du Sichuan (sud-ouest), accusé de "sévères violations de la discipline", un euphémisme couramment utilisé en Chine dans les affaires de corruption.

Wei Hong aurait été un proche de l'influent ex-grand patron de la sécurité chinoise Zhou Yongkang, le plus haut personnage du régime à tomber depuis des décennies, lui aussi un temps à la tête de la puissante et très peuplée province du Sichuan.

Mais la base de données montre que la campagne anticorruption a fait proportionnellement bien moins de victimes dans les provinces orientales du Fujian et du Zhejiang, deux bases de pouvoir du président Xi --des régions "apparemment traitées avec plus de clémence", note Chine File.

"Quand Xi Jinping était en poste dans ces provinces (précédemment dans sa carrière), il a été en mesure de placer des gens à des postes influents. Ce sont ses alliés, donc il n'y a nul besoin d'utiliser la campagne anticorruption" pour les éliminer, a indiqué à l'AFP David Zweig, professeur de politique chinoise à la Hong Kong University of Science.

"Si vous êtes un homme de Xi, vous n'êtes pas purgé. Pour tous les autres, la chasse est ouverte", a-t-il ajouté.

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