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21/01/2016 15:16 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Venezuela/économie : l'intervention de ministres devant l'Assemblée annulée

Le gouvernement vénézuélien a annulé jeudi à la dernière minute l'intervention devant le Parlement de plusieurs ministres, qui devaient expliquer l'état d'"urgence économique" décrété par le président Nicolas Maduro.

"J'ai parlé au téléphone avec le vice-président (Aristobulo) Isturiz, qui m'a dit que les ministres (...) ne viendraient pas à la séance de cet après-midi, où ils devaient répondre aux questions formulées par écrit par les membres de la commission spéciale, si cette séance était publique et ouverte aux médias", a annoncé Henry Ramos Allup, président du Parlement, désormais à majorité d'opposition.

Le récent décret du président Maduro instituant l'état d'"urgence économique" au Venezuela doit être approuvé ou rejeté par le Parlement d'ici vendredi.

Le chef du groupe du parti socialiste au pouvoir, Hector Rodriguez, a estimé que l'opposition voulait faire de la comparution des ministres un "show médiatique", sans "débattre avec sincérité des problèmes économiques".

"C'est malheureusement l'opposition que nous avons, et nous les appelons à la réflexion, ce n'est pas le moment du calcul politique, ce n'est pas le moment du spectacle, mais d'assumer de façon responsable le moment historique que nous vivons, de faire un pas en avant et d'accompagner le président", a-t-il déclaré.

Henry Ramos Allup a indiqué que les membres de la commission étudiant le décret avaient refusé "catégoriquement" de mener cette session sans la participation de la presse et annoncé que la Chambre prendrait sa décision sur le texte vendredi.

Cette mesure a été prise par le président Maduro, au pouvoir depuis 2013 et en pleine crise institutionnelle après la victoire de l'opposition aux élections législatives de décembre, une première depuis 1999, doublée d'une crise économique profonde.

Selon la Banque centrale, entre janvier et septembre 2015, l'inflation a atteint 108,7%, une des plus élevées au monde, et le PIB a diminué de 4,5% sur la même période, dans ce pays aux plus larges réserves de pétrole de la planète plombé par la chute des cours du brut.

Une crise qui se traduit par de graves pénuries des biens de première nécessité pour les Vénézuéliens, obligés de faire la queue pendant des heures devant les supermarchés, suscitant un agacement populaire qui profite largement à l'opposition.

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