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21/01/2016 03:02 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Un lieutenant de Joseph Kony comparaît devant la Cour pénale internationale

LA HAYE, Pays-Bas — Les forces du chef de guerre Joseph Kony ont délibérémment attaqué des civils lors de leur long conflit avec le gouvernement ougandais, tuant de manière indiscriminée, enlevant des enfants pour en faire des tueurs «couverts de sang» et contraignant femmes et filles à «marier» les combattants, a accusé jeudi un procureur de la Cour pénale internationale.

L'avocat Ben Gumpert a fait ces commentaires à l'ouverture d'une audience qui doit déterminer si les preuves qui pèsent contre Dominic Ongwen — un des plus importants commandants de l'Armée de résistance du Seigneur que dirige Kony — justifient la tenue d'un procès.

Ongwen est le seul membre du groupe de Kony à avoir été épinglé par la justice. Kony court toujours, en dépit d'années d'efforts pour le traquer et le capturer dans le nord de l'Ouganda et les pays voisins.

Ongwen doit répondre de 70 accusations, notamment de meurtre, de viol, de torture, de mariage forcé et d'utilisation d'enfants-soldats. Ces crimes auraient été commis lors d'attaques contre des camps de réfugiés en Ouganda en 2003 et en 2004.

M. Gumpert a déclaré qu'Ongwen porte «une responsabilité criminelle importante» pour ces attaques brutales, pendant lesquelles des civils ont été tués et torturés et des femmes et des enfants enlevés.

Il a ajouté que les bébés qui pleuraient trop ou qui ralentissaient la marche étaient tués sur place ou abandonnés dans la jungle.

M. Gumpert dit qu'Ongwen a joué un rôle de premier plan dans la formation des enfants qui, d'après Kony, «étaient les plus faciles à transformer en ces tueurs redoutables dont il avait besoin».

Les enfants récemment enlevés ont été forcés de commettre «des actes individuels de torture et des meurtres pour (les) convaincre qu'ils étaient si couverts de sang qu'ils ne seraient plus jamais acceptés par la société».

Ongwen n'a pas à enregistrer de plaidoyer tant que son procès ne débutera pas, si le tribunal décide d'en tenir un.

Quand le juge Cuno Tarfusser lui a demandé s'il souhaitait la lecture des accusations, Ongwen a répliqué que ce serait une perte de temps.

«Vous pouvez prononcer cinq mots et seulement deux seront vrais», a-t-il dit.