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21/01/2016 04:58 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Suède et Equateur en désaccord sur l'audition de Julian Assange

La justice suédoise a pris acte jeudi du refus des autorités équatoriennes de laisser un procureur du pays scandinave auditionner Julian Assange dans une enquête pour viol, indiquant vouloir elles-mêmes procéder à l'interrogatoire.

Quito a rejeté, officiellement pour vice de forme, la demande de Stockholm d'interroger le fondateur de Wikileaks dans son ambassade à Londres, où il vit reclus depuis 2012.

L'Équateur a en revanche accepté que ses représentants posent eux-mêmes les questions à M. Assange selon une liste fournie par la Suède.

Le parquet suédois s'est montré prudent. "Nous évaluons maintenant les possibilités de mener l'enquête dans ces conditions", a expliqué la procureure générale Marianne Ny dans un communiqué. Dans le cas contraire, Stockholm pourrait présenter une nouvelle requête aux autorités équatoriennes.

Le 13 janvier, la Suède avait formellement demandé à interroger elle-même l'Australien de 44 ans sur des accusations de viol, espérant pouvoir avancer dans la procédure de ce feuilleton judiciaire qui dure depuis plus de cinq ans.

M. Assange, accusé par une Suédoise d'un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010, vit reclus depuis juin 2012 dans l'ambassade équatorienne de Londres.

Visé par un mandat d'arrêt européen, il refuse de se rendre en Suède de peur d'être extradé vers les États-Unis, où il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks en 2010 de 500.000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250.000 communications diplomatiques.

Après avoir longtemps exclu un interrogatoire à Londres, les magistrats suédois avaient accepté au printemps 2015 de se déplacer pour l'entendre. Mais ils s'étaient heurtés au refus de Quito d'ouvrir les portes de l'ambassade, faute d'accord bilatéral finalement trouvé en décembre.

M. Assange risquait jusqu'à la mi-août des poursuites pour agression sexuelle, mais cette accusation est tombée sous le coup de la prescription cinq ans après les faits. Dans l'affaire de viol, la prescription interviendra en 2020 si aucune poursuite n'est lancée entre-temps.

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