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21/01/2016 00:31 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Moins d'agressions sexuelles rapportées dans le métro de Toronto en 2015

Entre l'affaire Ghomeshi, le mouvement #AgressionNonDénoncée et les allégations sur le passé de Bill Cosby, l'année 2015 a été celle où de nombreuses femmes se disant victimes de crimes sexuels sont sorties de l'ombre. Une vague de dénonciations qui semble avoir touché certains métros à Montréal et à New York, mais pas à Toronto. 

Un dossier de Laurence Martin

et de Valérie Ouellet

Les Torontois parlent peut-être davantage d'agressions et de crimes sexuels, mais ils ne sont pas nécessairement plus nombreux à porter plainte. 

Selon des chiffres obtenus en exclusivité par Radio-Canada, seulement 56 cas d'agressions sexuelles qui se sont produits dans le métro de Toronto ont été rapportés à la police en 2015. C'est 16 % de moins qu'en 2014. 

Ce qui peut sembler une bonne nouvelle, à première vue, suscite la déception chez l'Unité des crimes sexuels à la Police de Toronto.

Selon la détective Joanne Rudnick, un des gros problèmes, c'est que plusieurs passagers du métro ne savent pas ce que constitue une agression sexuelle.

La police de Toronto explique qu'il n'y a pas que des viols qui comptent pour une agression sexuelle, mais aussi lorsque quelqu'un« touche, frôle, tâte ou se frotte une partie du corps contre une autre personne, au point où cette dernière sent que sa sécurité est menacée. »

La détective Rudnick, ajoute que, dans certains cas, les crimes sexuels passent même inaperçus.

Plus de cas rapportés à Montréal, Vancouver et New York

Alors qu'à Toronto les chiffres stagnent, à Montréal, Vancouver et New York, les dénonciations de crimes sexuels dans le métro ont augmenté en 2015.

Le Service de police de la Ville de Montréal dit que cette hausse pourrait être attribuée à une augmentation du nombre de crimes, mais aussi à une hausse des dénonciations. 

À Vancouver, la police du SkyTrain a vu une augmentation de 66 % du nombre de cas rapportés depuis qu'ils ont lancé une campagne de dénonciation par message texte il y a deux ans. 

Une campagne de sensibilisation à venir en 2016

Radio-Canada a aussi appris qu'à Toronto, une nouvelle application permettant de dénoncer les prédateurs sexuels discrètement, à partir de son téléphone, sera lancée par la Commission des transports de la métropole en 2016.

La Police de Toronto nous a également confirmé qu'une campagne de sensibilisation ciblant les crimes sexuels fait partie de ses plans en 2016.

Une bonne initiative, selon Jennifer Rollo, qui travaille pour la Ligne d'urgence pour les femmes agressées. Elle croit quand même que c'est toute une culture qui doit changer.

Selon elle, il faut sensibiliser la population dès l'enfance pour changer les mentalités et encourager les femmes à porter plainte.