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21/01/2016 06:42 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Les ours des Pyrénées pas pressés d'hiberner

Les ours bruns de la chaîne des Pyrénées qui sépare l'Espagne et la France vivent un hiver tellement clément que certains sortent encore en quête de nourriture, au lieu d'hiberner dans leur tanière, a-t-on appris jeudi auprès de spécialistes.

La deuxième semaine de janvier, les employés du Parc naturel des l'Alt Pirineu (Hautes-Pyrénées, nord-est de l'Espagne) ont été surpris de découvrir l'une des scènes enregistrées par leurs caméras: au milieu d'une zone rocheuse, parmi les arbres encore feuillus, l'ourse Carmellita et ses trois oursons remuaient la terre à la recherche de glands.

Or à cette époque de l'année, ils auraient normalement dû être à l'abri. "Il n'est pas normal que nous trouvions ainsi une femelle et trois petits qui, en plein mois de janvier, ne soient pas en hibernation. Ils sont restés au moins une semaine en dehors de leur grotte", a assuré à l'AFP Santiago Palazón, responsable du service de la biodiversité et de la protection animale du gouvernement régional de Catalogne.

Leur hibernation commence habituellement en novembre et se prolonge jusqu'au début du mois d'avril, même si cette période peut être plus courte pour les mâles.

Mais cette année, dans cette région de haute montagne, les températures sont supérieures de cinq ou six degrés à la norme saisonnière. "Il n'y avait quasiment pas de neige au sol, beaucoup de glands de l'automne qu'ils pouvaient encore manger et cela peut les avoir fait sortir de leur grotte", a fait valoir M. Palazón.

Ce comportement semble nouveau dans les Pyrénées où on recense seulement une quarantaine d'ours bruns. Mais il avait déjà été détecté en 2012 dans une autre zone d'Espagne où vivent quelque 250 plantigrades, la cordillère cantabrique qui traverse le nord du pays. "Nous avions découvert que quelques individus n'hibernaient pas, principalement des femelles avec leurs petits les plus âgés, comme cela se produit à présent dans les Pyrénées", a expliqué à AFP Guillermo Palomero, président de la fondation Oso Pardo (Ours brun).

"Cela peut convenir aux femelles qui ont connu une grande perte calorique pendant la tétée de ne pas hiberner si les conditions le leur permettent, afin de manger et de rééquilibrer leur bilan énergétique", souligne M. Palomero.

"Mais cela ne veut pas dire que le changement climatique soit bon" pour les ours, ajoute-t-il. "Nous examinons comment la hausse des températures peut affecter la production de glands, d'airelles, de fruits du hêtre, pour savoir si cela leur est bénéfique ou nuisible à long terme".

Menacée de disparition dans les Pyrénées au cours des années 90, la population ursine avait été renforcée dans le massif grâce à des lâchers d'ours slovènes.

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