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21/01/2016 00:46 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Le système bancaire italien est "solide", assure Renzi

Le chef du gouvernement italien a assuré jeudi que le système bancaire italien était "beaucoup plus solide" que ne le pensaient les investisseurs qui ont parié ces derniers jours contre plusieurs banques italiennes.

"Il y a une manoeuvre sur quelques banques, point. Le système à mon avis est beaucoup plus solide que ce que certains investisseurs peuvent légitimement redouter", a déclaré Matteo Renzi dans un long entretien au quotidien économique Il Sole 24 Ore.

"Nous sommes attentifs et préoccupés devant la tension sur le front bancaire, mais cela peut être bonne occasion pour le système de crédit italien, à condition d'agir vite et bien".

De lundi à mercredi, les valeurs bancaires italiennes ont été touchées par un mouvement de panique, enchaînant de très fortes baisses de leurs cours, sur fond d'inquiétudes sur les créances douteuses.

Plusieurs dirigeants italiens et européens avaient tenté mercredi de rassurer les marchés, en vain ce jour-là, mais la multiplication des déclarations a fini par payer puisque le marché se reprenait jeudi matin.

Concernant les créances douteuses, M. Renzi a affirmé que "la première solution" était "de faire repartir l'économie, aider le marché privé à les acheter, encourager (...) les fusions et la consolidation bancaires: toutes les choses sur lesquelles notre initiative est incessante, dans le respect des règles".

Interrogé pour savoir si les dépôts bancaires des Italiens étaient en sécurité, M. Renzi a répondu: "Evidemment oui. Et du reste, avoir une des épargnes les plus élevées par rapport au PIB est la grande force de l'Italie. Nous ne la disperserons jamais".

Revenant sur les tensions avec Bruxelles, M. Renzi a insisté: "L'Italie n'élève pas la voix, mais lève la main. Et pose des questions". Rome estime que certaines choses "doivent changer". "Aucune polémique. Seulement des propositions".

M. Renzi est à ce sujet revenu sur la question de la flexibilité budgétaire alors que le budget italien 2016 prévoit un creusement du déficit public à 2,4% du PIB. S'il reste dans les limites européennes, la Commission européenne s'inquiète du possible déraillement du processus de désendettement, alors que la dette publique italienne est l'une des plus élevées d'Europe.

"La flexibilité européenne n'est pas une concession, c'est une règle de l'Union européenne", a déclaré M. Renzi. "Nous parlons de quelques décimales de différence. En contrepartie, ce budget redonne beaucoup de confiance à l'Italie et aux Italiens".

Le chef du gouvernement a aussi évoqué Ilva, au lendemain de l'annonce d'une enquête de la Commission européenne sur une aide de Rome au géant sidérurgique, dont le site de Tarente, dans le sud de l'Italie, est accusé d'être l'un des plus polluants d'Europe.

En grande difficulté financière, le groupe, qui emploie directement ou indirectement 14.000 personnes dans cette région sinistrée, a été provisoirement nationalisé il y a un an et cherche actuellement un repreneur.

"Nous n'accepterons jamais qu'Ilva soit tué par les lobbys sidérurgiques des autres pays", a prévenu M. Renzi. L'appel à manifestations d'intérêts pour sa reprise est "ouverte, nous verrons si, comme je le crois, il y a aura une alliance (d'entreprises italiennes) gagnante".

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