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21/01/2016 03:43 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Le Parlement européen va revoir la clause de défense mutuelle

Le Parlement européen veut améliorer la mise en oeuvre de la clause de défense mutuelle, sollicitée pour la première fois dans l'histoire de l'UE par la France après les attentats de Paris, selon une résolution adoptée jeudi à Strasbourg.

Le Parlement demande ainsi au Conseil et aux États membres "d'élaborer et d'adopter au plus vite un cadre politique" pour la mise en oeuvre de l'article 42-7 des traités européens, qui prévoit une clause de solidarité en cas d'agression contre un pays de l'UE.

Les eurodéputés regrettent l'absence de modalités pratiques et de lignes directrices qui permettraient "d'assurer une réponse efficace lorsqu'un Etat membre invoque la clause de défense mutuelle", ce qui a provoqué une gestion "ad hoc" de la situation lorsque la procédure a été utilisée par la France.

Le Parlement "est profondément convaincu que toutes les actions nationales, bilatérales et multilatérales entreprises à la suite de l'activation de l'article (...) devraient être notifiées au Conseil et simultanément rendues publiques".

Selon les eurodéputés, la décision de la France doit "servir de catalyseur" à un débat plus approfondi sur la politique de sécurité et de défense de l'UE.

L'Union "a besoin d'un quartier général civil et militaire permanent aux niveaux stratégique et opérationnel", estiment les parlementaires qui se prononcent pour doter l'UE de moyens autonomes de défense.

-Pas d'intervention contre Daech-

Au cours d'un débat sur le sujet qui s'est tenu mercredi soir à Strasbourg entre les députés et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, cette dernière a écarté toute intervention de l'entité européenne en Syrie.

"Mon évaluation politique a toujours été et est encore (...) qu'il n'est pas et ne serait pas approprié pour l'UE en tant que telle de mener une opération ou une mission militaire contre Daech (acronyme arabe du groupe Etat Islamique, ndlr)", a affirmé Mme Mogherini.

Invité du Parlement mercredi pour évoquer l'accord sur le climat, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a de son côté indiqué lors d'un point presse que de nombreux Etats membres avaient proposé leur aide à Paris.

"Pas encore tous, mais disons que le mouvement va dans le bon sens", s'est-il félicité.

"Quand vous abordez la question de la défense vous soulevez un problème de fond (...) L'Europe n'a pas été fabriquée pour ça, il y a tout un travail à faire pour renforcer la défense intérieure et extérieure de l'Europe", a-t-il commenté.

La France n'a pas demandé d'assistance militaire mais une aide, logistique ou autre, sur ses théâtres d'intervention à l'étranger.

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