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21/01/2016 07:15 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

La Chine a "un problème de communication" sur ses politiques économiques (Lagarde)

La Chine ne communique pas assez clairement sur ses politiques économiques et sa statégie de taux de change, ce qui exacerbe les inquiétudes des investisseurs, a estimé jeudi la patronne du FMI à Davos, tout en jugeant inévitable "une certaine dose de volatilité" des marchés.

Pour Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international (FMI), la deuxième économie mondiale "est engagée dans toute une série de transformations" économiques, "une tâche colossale" mais "tout à fait gérable" par Pékin.

"Etant donné l'ampleur de ces transformations, il y a un problème de communication" de la part des autorités, a-t-elle observé, lors d'une discussion au Forum économique mondial à Davos.

Un ralentissement prononcé de l'activité, la soudaine dévaluation du yuan et une gestion chaotique des marchés boursiers ont avivé les doutes sur la capacité de Pékin à rééquilibrer son modèle économique vers la consommation intérieure, et à entreprendre les réformes structurelles promises, censées accorder un rôle accru au secteur privé.

"La contribution de la croissance économique chinoise à la croissance économique mondiale demeure inchangée", a assuré pour sa part le vice-président chinois Li Yuanchao, présent à Davos, dans un entretien à l'agence Bloomberg.

Malgré une demande intérieure insuffisante, et une production pas toujours bien adaptée pour y répondre, "l'économie chinoise a un énorme potentiel de développement", a insisté M. Li.

La violente rechute des Bourses chinoises début janvier, qui a fait trébucher les marchés mondiaux, a renforcé l'inquiétude générale, alors que le yuan continue de se déprécier nettement, accélérant les fuites de capitaux hors du pays.

"S'il y a une chose que les marchés n'aiment pas, c'est l'incertitude, ne pas savoir exactement quelle est la stratégie (chinoise)" ou quelle direction prendra le cours du yuan, a déclaré Mme Lagarde.

"Une communication plus claire et plus abondante aiderait certainement davantage la transition économique" en Chine, a insisté la patronne du FMI. Sans pour autant s'inquiéter outre mesure des récentes turbulences des marchés: "Un certain degré de volatilité ne pose pas problème, c'est compatible avec le principe de laisser plus de place au marché, prôné par Pékin".

Mme Lagarde s'est également refusée à condamner les lourdes interventions des autorités chinoises sur leurs marchés boursiers depuis l'été -- largement jugées hasardeuses et contre-productives: "Si la volatilité est excessive, une intervention du gouvernement est légitime", a-t-elle commenté.

La Chine a annoncé mardi avoir enregistré en 2015 une croissance économique de 6,9%, sa plus faible performance depuis un quart de siècle.

"En termes de communication, nous pourrions certainement faire un meilleur travail", a reconnu Fang Xinghai, vice-président de l'autorité chinoise de régulation des marchés (CSRC), qui s'exprimait à Davos aux côtés de Christine Lagarde.

Avant d'admettre à demi-mots la culture d'opacité des organes dirigeants chinois: "Nous apprenons, mais il faut être patient. Notre système n'est pas structuré pour communiquer efficacement avec les marchés", a-t-il affirmé.

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