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21/01/2016 07:22 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

Affaire Litvinenko: l'enquête britannique est une "blague", estime le Kremlin

Le Kremlin a jugé jeudi que l'enquête britannique sur la mort de l'ex-agent du KGB Alexandre Litvinenko, qui met en cause le président Vladimir Poutine, s'apparentait à une "blague" face à ce qu'il estime être l'absence de preuves concrètes.

"Cela s'apparente (...) peut être à une blague. Visiblement, on peut relier ça à l'élégant humour britannique", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ironisant sur le rapport "basé sur les informations confidentielles de services secrets non identifiés".

Les conclusions du rapport "ont été réalisées sur la base d'informations peu convaincantes avec l'utilisation abondante des mots +possiblement+ et +probablement+", a ajouté M. Peskov.

"Une telle terminologie n'est pas acceptable dans notre pratique de la justice et ne l'est pas non plus dans la pratique de la justice d'autres pays", a-t-il poursuivi, qualifiant le rapport de "semblant d'enquête".

M. Peskov a en outre jugé que l'enquête, qui s'est déroulée à huis clos sur ordre du gouvernement britannique, était à même "d'empoisonner encore davantage l'atmosphère" entre la Russie et la Grande-Bretagne, regrettant que Londres ait choisi "la voie du gel non seulement de la coopération, mais également du dialogue".

Alexandre Litvinenko, 43 ans, est mort d'un empoisonnement au polonium fin novembre 2006, trois semaines après un rendez-vous pour prendre le thé dans le centre de Londres avec les Russes Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun, accusés ensuite du meurtre par la justice britannique.

Cette "opération du FSB (services secrets russes, ndlr) a probablement été approuvée par (l'ex-chef du FSB Nikolaï) Patrouchev et aussi par le président Poutine", a estimé jeudi le juge Robert Owen dans ses conclusions.

Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun démentent pour leur part toute implication dans le meurtre d'Alexandre Litvinenko, dénonçant des accusations "absurdes" et des preuves "fabriquées" par la justice britannique.

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