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21/01/2016 01:49 EST | Actualisé 21/01/2017 00:12 EST

"Accusations absurdes", le principal accusé russe dément avoir empoisonné Litvinenko

L'un des deux accusés du meurtre de l'ex-agent du KGB Alexandre Litvinenko en 2006 à Londres a démenti l'avoir empoisonné et a jugé "absurdes" les accusations de la justice britannique, qui a dévoilé jeudi les conclusions de son enquête publique sur la mort de l'espion.

"Les accusations contre moi sont absurdes (...) Les résultats de l'enquête démontrent une nouvelle fois la position antirusse et l'étroitesse d'esprit de Londres", a déclaré à l'agence de presse Interfax Andreï Lougovoï, aujourd'hui député d'un parti nationaliste, ajoutant que la Grande-Bretagne n'avait "aucun désir d'établir la véritable raison de la mort de Litvinenko".

"Les événements de 2014 en Ukraine, l'hystérie antirusse qui a suivi et la réouverture de l'enquête (...) me semblent être une tentative pathétique de Londres pour satisfaire ses ambitions politiques", a-t-il encore déclaré en dénonçant "le mythe de l'impartialité de la justice britannique".

Alexandre Litvinenko, 43 ans, est mort d'un empoisonnement au polonium fin novembre 2006 trois semaines après un rendez-vous pour prendre le thé au Millennium Hotel, dans le centre de Londres, avec Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun, un homme d'affaires russe lui aussi accusé par la justice britannique.

"Je suis sûr que MM. Lougovoï et Kovtoun ont mis le polonium-210 dans la théière le 1er novembre 2006. Je suis sûr qu'ils l'ont fait dans l'intention d'empoisonner M. Litvinenko", a estimé jeudi le juge Robert Owen dans ses conclusions.

Selon lui, "l'opération du FSB (nouveau nom du KGB) a probablement été approuvée par M. Patrouchev (Nikolaï Patrouchev, ex-chef du FSB) et aussi par le président Poutine".

"Les preuves que je présente établissent clairement la responsabilité de l'Etat russe dans la mort de M. Litvinenko", a ajouté le juge britannique, alors que le Kremlin a toujours démenti toute implication.

L'enquête publique, une procédure ordonnée par le gouvernement britannique qui permet, contrairement à ce que son nom indique, d'examiner à huis clos des documents sensibles, avait débuté en janvier 2015.

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