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20/01/2016 10:43 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Vie publique et vie privée : les médias et le public sont-ils trop gourmands?

La relation entre les vedettes, les médias et les fans peut être complexe. L'annonce récente des séparations de couples célèbres au Québec a soulevé des questions. Tentons d'y répondre.

Mariloup Wolfe et Guillaume Lemay-Thivierge et Marie-Mai/Fred St-Gelais partagent activement leur vie privée sur les réseaux sociaux. Leur mutisme dans cette période difficile de leur vie a animé les médias et relancé le débat sur la frontière entre vie privée et publique.

Leur séparation a donné lieu à plusieurs interrogations : les célébrités perdent-elles leur droit à la vie privée quand elles partagent leur intimité? Ces personnalités ont-elles une dette envers les journalistes et le public après avoir généreusement ouvert les portes de leur vie intime?

Selon le professeur titulaire au département de Communication de l'Université d'Ottawa Marc-François Bernier, spécialiste de l'éthique en journalisme, les séparations des personnalités sont des nouvelles d'intérêt public, « mais leur influence est faible ».

Surtout, les personnalités actives publiquement n'ont pas de dettes envers les journalistes, estime Marc-François Bernier.

Le consentement qu'accorde donc l'artiste aux médias peut être repris, poursuit Marc-François Bernier, à l'exemple de la porte de notre demeure, qu'on peut ouvrir et fermer à notre gré. « On accepte de donner accès à certaines informations certains moments, et après on a le droit de ne pas donner l'accès parce que ça ne concerne que nous. Sinon, le concept de vie privée ne tient plus du tout. »

Monnayer sa personnalité

Pourquoi tant d'artistes étalent leur vie privée sur la place publique? « Le premier produit d'un artiste est sa personnalité, qui est monnayable », et cette caractéristique se traduit souvent par un dévoilement partiel ou régulier d'informations privées à son sujet, soutient Marc-François Bernier. En cette ère de médias sociaux et d'information en continu, les occasions sont belles pour les artistes de présenter leur quotidien au plus grand nombre.

Le spécialiste de l'éthique en journalisme compare même cette situation à celle de l'athlète qui « évolue pour une équipe. Sa personnalité prend moins d'importance dans la réussite [de l'équipe], alors qu'un artiste compte principalement sur sa personnalité pour bâtir et développer sa carrière ».

Cette situation s'applique également aux athlètes qui pratiquent un sport individuel comme le tennis, à l'exemple d'Eugenie Bouchard.

Une dette envers les fans?

Les vedettes ont-elles une dette envers ceux qui les supportent dans les meilleurs comme dans les moments difficiles de la vie? Marc-Antoine Bernier croit qu'elles ont toujours le choix de ne pas dévoiler davantage de détails en cette matière, « mais elles doivent faire une analyse de coûts-bénéfices aussi, voir les avantages et les risques de trop en dire et gérer leurs rapports avec leurs fans ».

Pour l'artiste, la gestion de sa réputation et de son fonds de commerce devient alors cruciale.

De l'autre côté de la relation, le public a sa responsabilité. « Chaque fois qu'il consomme les sites et les magazines people, il dit à l'artiste et aux médias de continuer à publier ces nouvelles. Le jour où il arrêtera sa consommation, les médias changeront leur couverture ».

Avec les informations de Mélanye Boissonnault