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20/01/2016 09:04 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Vers une prolongation de l'état d'urgence en France

Le président français François Hollande juge "tout à fait probable" une prolongation de l'état d'urgence en France dont il devrait parler très bientôt, a affirmé mercredi le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Décrété en novembre après les pires attentats (130 morts, des centaines de blessés) commis en France depuis la Deuxième Guerre mondiale, l'état d'urgence devait s'achever le 26 février.

Ce statut renforce les pouvoirs de la police, en permettant les assignations à résidence, les perquisitions administratives de jour comme de nuit, ou l'interdiction de rassemblements, le tout sans contrôle d'un juge judiciaire.

Le président a évoqué une prolongation comme "tout à fait probable", a affirmé à la presse Claude Bartolone, à l'issue d'un entretien avec François Hollande auquel a également participé son homologue du Sénat, Gérard Larcher. "Il nous a annoncé qu'il aurait l'occasion de communiquer très vite pour permettre au Conseil d'Etat (plus haute juridiction administrative du pays, ndlr) et au Parlement de se prononcer sur ce texte", a-t-il ajouté.

Une décision sur une éventuelle prolongation sera prise "dans les prochains jours", avait indiqué au préalable à l'AFP la présidence française.

La question d'une prolongation fait débat en France. Mercredi, la Ligue française des droits de l'Homme a annoncé avoir saisi le Conseil d'Etat pour mettre fin à tout ou partie des contraintes de ce régime, qui ne sont selon elle plus justifiées et portent "une atteinte grave et manifeste aux libertés publiques".

La veille, des experts des Nations unies ont recommandé à la France de ne pas prolonger l'état d'urgence au-delà du 26 février, estimant qu'il imposait des "restrictions excessives et disproportionnées aux libertés fondamentales".

Un député socialiste proche du Premier ministre Manuel Valls, Jean-Jacques Urvoas, a récemment estimé que l'intérêt de l'état d'urgence s'estompait car les principaux objectifs ont été atteints, tout en notant que sortir de ce régime d'exception serait "un acte délicat".

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