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20/01/2016 09:35 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Un jihadiste mauritanien évadé arrêté en Guinée

Un jihadiste mauritanien, condamné à mort et évadé de Nouakchott depuis le 31 décembre, a été arrêté mardi soir en Guinée après avoir franchi la frontière en provenance de Guinée-Bissau, et devait être renvoyé dans son pays, a-t-on appris mercredi de sources de sécurité.

"La cavale de Saleck Ould Cheikh aura duré trois semaines et de Mauritanie, il est entré au Sénégal puis en Guinée-Bissau", a indiqué à l'AFP une source policière mauritanienne de haut rang.

"Son extradition interviendra sous peu", a-t-on assuré de même source.

La Mauritanie a lancé le 7 janvier un avis de recherche contre Saleck Ould Cheikh, condamné à mort en 2011 pour "action terroriste", après une opération à la voiture piégée menée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) visant à assassiner le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Quatre personnes, deux Mauritaniens et deux Bissau-Guinéens, ont été arrêtées mardi soir près de la frontière avec la Guinée-Bissau par les gendarmes guinéens, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la gendarmerie, le commandant Mamadou Alpha Barry, sans vouloir confirmer leur identité, officiellement pour des raisons de sécurité.

"Nous sommes en ce moment à l'aéroport pour rapatrier sous bonne escorte policière et de gendarmerie les deux Mauritaniens arrêtés hier à la frontière avec la Guinée-Bissau", a déclaré le commandant Barry mercredi en fin d'après-midi.

L'arrestation s'est produite mardi soir à une quinzaine de kilomètres de la ville de Boké en Guinée, a précisé à l'AFP à Bissau le responsable de la sécurité d'une localité frontalière bissau-guinéenne.

Un responsable syndical des transports routiers à Boké, Issiagha Kéita, a indiqué à l'AFP à Conakry avoir été alerté par un appel téléphonique d'un ami syndicaliste basé en Guinée-Bissau, sur deux Mauritaniens en route vers la Guinée en motos-taxis et armés.

"J'ai pu joindre un des pilotes de ces motos, auquel j'ai conseillé d'aller directement au poste de contrôle et de livrer les passagers aux gendarmes, ce qui fut fait", a ajouté M. Kéita.

Selon un gendarme qui se trouvait sur les lieux, "au moment de la fouille, l'un d'eux (des passagers, NDLR) a ouvert le feu sur les gendarmes, qu'il a de justesse ratés et tiré en l'air pour couvrir sa fuite".

"Le fugitif a été rattrapé par la population accourue en entendant les coups de feu", a ajouté ce gendarme sous couvert d'anonymat.

Transférés à Boké, les suspects ont été interrogés à la brigade départementale de la gendarmerie avant d'être déférés à Conakry, la capitale. "Ils parlent plutôt l'arabe et difficilement le français, ce qui a rendu un peu compliqué leur interrogatoire", a-t-on souligné de même source.

L'épouse et la soeur de Saleck Ould Cheikh, qui lui rendaient souvent visite en prison, ont été arrêtées le 4 janvier à Nouakchott dans le cadre de l'enquête visant à déterminer les responsabilités et les conditions de son évasion.

A la suite de cette évasion, la police sénégalaise avait été mise en état d'alerte début janvier à Saint-Louis, une ville du nord du Sénégal proche de la frontière mauritanienne.

En Guinée-Bissau, les services de sécurité avaient également été mobilisés aux frontières du pays, avec diffusion de la photo du fugitif, depuis le lancement d'un avis de recherche par la Mauritanie, a indiqué à l'AFP à Bissau Sumba Na N'Sil, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

En 2008, des jihadistes mauritaniens qui avaient assassiné quatre touristes français près d'Aleg, dans le sud-est de la Mauritanie, avaient été arrêtés à Bissau, moins d'un mois après leur fuite via le Sénégal et la Gambie. Ils comptaient ensuite passer en Guinée pour rejoindre l'Algérie.

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