NOUVELLES
20/01/2016 09:03 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Syrie/paix: l'opposition nomme un dirigeant rebelle négociateur en chef

La plus importante coalition de l'opposition syrienne a nommé mercredi un chef rebelle islamiste soutenu par Ryad comme négociateur en chef aux pourparlers avec le régime censés commencer le 25 janvier à Genève.

La nomination de Mohamed Allouche, membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaich al-Islam, a aussitôt été critiquée par les opposants de l'intérieur, alors que la Russie, pays allié du régime de Bachar al-Assad, qualifie ce groupe de "terroriste".

Dans une conférence de presse à Ryad, Riad Hijab, coordinateur général de la coalition formée des principaux groupes de l'opposition politique et armée, a annoncé que Mohamed Allouche serait le négociateur en chef lors des pourparlers appelés à trouver les moyens de mettre fin à la guerre en Syrie.

Mohamed Allouche est le cousin de Zarhane Allouche, chef de Jaich al-Islam tué par un raid du régime le 25 décembre. Soutenu par l'Arabie saoudite, le mouvement d'inspiration salafiste est hostile au groupe jihadiste Etat islamique et contrôle la plus grande partie de la banlieue est de Damas.

L'officier déserteur Assaad al-Zoabi présidera la délégation et George Sabra, chef du Conseil national syrien, sera son vice-président, a ajouté M. Hijab, sans préciser le nombre et l'identité des autres membres de la délégation.

"Ce n'est pas acceptable que le négociateur en chef et le chef de la délégation soient affiliés à l'opposition armée. Ceci envoie un mauvais message au peuple syrien qui souhaite le succès des négociations", ont dit les opposants de l'intérieur regroupés au sein du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND).

La délégation de l'opposition compte trois membres du CCCND.

Le régime de Bachar al-Assad qualifie tous les groupes rebelles de "terroristes".

"Nous n'avons pas abandonné nos positions en relation avec les entités terroristes de Jaich al-Islam et Ahrar al-Cham", a de son côté dit le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov après sa rencontre à Zurich avec le secrétaire d'Etat John Kerry. "Nous avons présenté des informations qui prouvent que notre position est correcte".

Mais lors de sa conférence de presse, M. Hijab a souligné que la délégation de la coalition était la seule à pouvoir représenter l'opposition aux pourparlers de Genève qui doivent se tenir sous l'égide de l'ONU.

"Nous n'irons pas aux négociations si l'on ajoute une tierce partie ou une autre personnalité", a-t-il dit.

Il a de nouveau exigé que le régime cesse ses bombardements contre les zones peuplées, lève le siège de toutes les villes et les régions et libère les prisonniers, conformément à la résolution 2254 de l'ONU.

"Nous ne pouvons pas aller aux négociations alors que notre peuple meurt de faim et se trouve sous les bombardements", a-t-il dit. "Nous voulons aller à de véritables négociations qui arrêtent l'effusion de sang et conduise le pays à un régime pluraliste".

Il a répété que les négociations devraient conduire à la mise en place d'une autorité de transition bénéficiant de "pleines prérogatives et au sein de laquelle Assad n'aura aucun rôle à jouer".

La coalition de l'opposition regroupe une centaine de représentants des principaux groupes de l'opposition politique et armée qui s'étaient réunis à Ryad en décembre.

Mardi, Washington a estimé qu'il restait "encore beaucoup de travail à faire" pour être en mesure d'amorcer les pourparlers.

Le gouvernement syrien a accepté en principe d'aller à Genève, mais avait dit vouloir voir la composition de la délégation de l'opposition.

abh/tm/ras/sk/tp