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20/01/2016 05:22 EST | Actualisé 20/01/2016 05:24 EST

Plantu défend le dessin du petit Aylan par Charlie Hebdo (PHOTOS)

Charlie Hebdo

Le dessin publié le 13 janvier dernier dans les pages de Charlie Hebdo a créé un gros malaise. En imaginant l’avenir d’Aylan, enfant syrien de trois ans retrouvé mort noyé sur une plage de Turquie, le caricaturiste Riss a représenté la victime sous les traits d’un agresseur sexuel, comme ceux de la gare de Cologne le soir du 31 décembre.

La caricature n’a pas tardé à susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux. Même la reine Rania de Jordanie a répondu en affirmant que «Aylan aurait pu devenir médecin, enseignant, ou être un père affectueux».

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Mais pour Plantu, de passage à Montréal mercredi pour donner une conférence à la Cinémathèque québécoise, le dessin n’a visiblement pas été compris par ses détracteurs.

«Avec ce dessin, Charlie Hebdo se moque des racistes européens qui s’en prennent aux migrants. L’hebdomadaire dénonce l’intolérance», a lancé Plantu en entrevue pour Le Huffington Post Québec.

Le célèbre dessinateur de presse au journal Le Monde pense que s’il y a une incompréhension totale entre le dessin de Charlie Hebdo et ceux qui l’ont mal déchiffré, c’est par manque de contexte.

«Le dessin est très subtil. Il en appelle à l’intelligence de ses lecteurs. Après les attentats, Charlie Hebdo a commencé attirer l’attention du monde entier, alors que la publication ne concernait auparavant que quelques milliers de lecteurs.»

Selon lui, ceux qui pensent que Charlie Hebdo se moque des réfugiés avec ce dessin n’ont tout simplement rien saisi à sa portée. «Ce qui est grave, c’est qu’un dessin repris, manipulé ou mal interprété sur Internet peut avoir des répercussions catastrophiques à 10 ou 5000 kilomètres.»

Plantu, également président fondateur de l’association Cartooning for Peace – réseau international de dessinateurs de presse engagés –, s’évertue depuis quelques années à entrer dans les écoles pour expliquer aux élèves l’importance de libérer la parole. «C’est un perpétuel défi, mais après tout ce qui s’est passé, on a tout simplement plus le choix.»

Depuis l’attaque terroriste qui a décimé la salle de rédaction de Charlie Hebdo, Plantu estime que ce devoir de «créer des ponts» est devenu aujourd’hui une urgence, il en va de l’avenir de la profession de caricaturiste, «Même si l’on est tous un petit peu désespérés par ce qui nous arrive, je crois qu’on peut encore arrêter ceux qui tentent de nous diviser.»

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