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20/01/2016 09:53 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Même à Davos, le dossier Bombardier suit le gouvernement Trudeau

DAVOS, Suisse — Le gouvernement Couillard a profité du Forum économique de Davos pour continuer à insister auprès d'Ottawa dans le dossier de la demande d'aide financière faite par Bombardier (TSX:BBD.B) l'automne dernier.

Mais même s'il était entouré du premier ministre Philippe Couillard et de son ministre de l'Économie Jacques Daoust, le ministre fédéral de l'Industrie, Navdeep Bains, s'est encore une fois gardé de dévoiler ses cartes, mercredi.

«Je comprends très bien l'importance du secteur aéronautique, a-t-il affirmé, en marge d'une conférence de presse, dans les Alpes suisses. Nous poursuivons nos vérifications afin d'examiner leur modèle d'affaires. Je ne veux pas évoquer d'échéancier.»

L’industrie aéronautique, qui contribue à hauteur de 29 milliards $ à l’économie canadienne, emploie 180 000 personnes au pays, dont 40 000 dans la grande région de Montréal.

En octobre dernier, Québec avait annoncé un investissement de 1 milliard $ US dans la multinationale québécoise afin de l'aider à compléter le programme de son avion commercial CSeries, dont les coûts ont gonflé à 5,4 milliards $, en échange d'une participation de 49,5 pour cent.

Le gouvernement Couillard avait alors signalé qu’il s’attendait à ce qu’Ottawa investisse lui aussi dans ce fleuron de l’économie québécoise.

Puis, un mois plus tard, le chef de la direction du constructeur d'avions et de trains, Alain Bellemare, avait demandé l'aide du gouvernement fédéral nouvellement élu

Si M. Couillard s'est contenté de dire qu'il était optimiste dans ce dossier, son ministre de l'Économie est toutefois allé un peu plus loin, disant s'attendre à une décision avant le printemps.

«C'est ce que je pense, a-t-il dit après la conférence de presse. J'ai été insistant, je lui en ai reparlé (à M. Bains) tantôt. Nous avons de la place dans notre modèle pour un troisième partenaire.»

Le ministre Daoust a également ramené ce dossier sur la table lors du Salon de l'automobile de Detroit, où il avait rencontré le ministre fédéral de l'Industrie.

En dépit de l'analyse fédérale qui s'étire, M. Daoust a souligné que l'attitude de ses partenaires fédéraux «était bonne» et que ce n'est qu'une question de temps avant qu'Ottawa en arrive à la conclusion d'investir dans Bombardier.

«La relation est bonne, a affirmé le ministre québécois de l'Économie. Ils écoutent et posent de bonnes questions. Je n'ai pas une levée de boucliers comme j'ai déjà eue avec l'ancien gouvernement.»

Bombardier a reçu de bonnes nouvelles récemment lorsque le dirigeant du transporteur américain Delta Air Lines, Richard Anderson, a vanté ce nouvel avion commercial lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers.

L'avionneur pourrait également profiter de la levée des sanctions en Iran — qui souhaite acheter des avions régionaux — à la suite de l'accord sur le nucléaire récemment intervenu.