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20/01/2016 03:28 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Limiter l'afflux de réfugiés en Europe "moralement et politiquement requis" (président allemand)

Le président allemand Joachim Gauck a estimé lundi au forum de Davos que limiter l'afflux de demandeurs d'asile pouvait être "moralement et politiquement requis" en Europe, affirmant que ne pas en parler revenait à "laisser le champ libre aux populistes".

"Une stratégie de limitation peut être moralement et politiquement (...) requise afin de préserver les capacités d'action de l'Etat", a indiqué M. Gauck lors du forum économique de Davos (Suisse), alors que l'Allemagne a accueilli en 2015 1,1 million de demandeurs d'asile.

"Si les démocrates ne veulent pas discuter des limites, cela laisse le champ libre aux populistes et aux xénophobes", a dit le chef de l'Etat allemand, autorité morale du pays aux prérogatives limitées.

"Le débat actuel est tel que nous devons nous attendre à ce que différentes formes de contrôle et de limitation soient prises cette année" au niveau européen, a-t-il estimé, sans toutefois parler de quotas.

"Voulons-nous vraiment que la grande oeuvre historique, qui a apporté à l'Europe la paix et la prospérité, se brise sur la question des réfugiés? Personne, vraiment personne ne peut vouloir ça", a-t-il mis en garde, plaidant notamment pour la sécurisation des frontières extérieures de l'UE.

En septembre dernier, M. Gauck avait déjà souligné que l'Allemagne ne pouvait accueillir tout le monde: "Nous avons un grand coeur mais nos capacités sont limitées".

La position exprimée par M. Gauck rejoint celle de la chancelière Angela Merkel qui a promis en décembre de diminuer tangiblement le nombre de migrants en prônant des mesures européennes et internationales.

La défiance des Allemands vis-à-vis de la politique d'ouverture aux migrants de la chancelière croît sensiblement, et Mme Merkel doit aussi faire face à une fronde de plus en plus en plus importante au sein de son propre camp conservateur, alimentée par les violences commises majoritairement par des migrants lors de la Saint-Sylvestre à Cologne.

Il y a un débat "très vif" au sein de la coalition au pouvoir en Allemagne et c'est pourquoi "on peut s'attendre que des éléments de régulation et de contrôle (...) seront pris, et peut-être même doivent être pris", a commenté M. Gauck mercredi à Davos.

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