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20/01/2016 02:05 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Les talibans afghans traquent l'homme qui a coupé le nez de son épouse

Les rebelles talibans ont dit mercredi rechercher un Afghan qui a coupé le nez de son épouse, un acte qu'ils qualifient de "contraire à l'islam", alors que les autorités locales tentent d'envoyer la victime se faire soigner en Turquie.

Reza Gul, 20 ans, se remettait à l'hôpital de Maïmana, le chef-lieu de la province rurale de Faryab, au nord-ouest de l'Afghanistan, après cette mutilation survenue dimanche. Son mari Mohammad Khan lui a tranché le nez après une dispute dont on ignore les causes.

Cette agression illustre la toujours très difficile condition des femmes afghanes, 14 ans après la fin du régime des talibans, épinglés par la communauté internationale pour les discriminations qu'ils faisaient subir aux femmes.

Selon la police locale, le suspect aurait trouvé refuge chez les talibans juste après son forfait. Mais mercredi Nour Mohammad, un cadre taliban local, a réfuté ce récit et fait part à l'AFP de son "indignation". "Nous essayons de le trouver, car ce qu'il a fait est contraire à l'islam", a-t-il poursuivi.

Reza Gul, mariée depuis cinq ans à Mohammad Khan, a une petite fille de deux mois. Les autorités assurent que l'homme battait sa femme régulièrement.

"A cause des coups qu'elle recevait, elle s'est réfugiée chez son père pendant 20 jours, mais notre tribunal (taliban) a résolu le problème", a expliqué Nour Mohammad, le commandant taliban. Selon lui, Khan aurait promis à la justice parallèle talibane de ne plus battre sa femme, une promesse qu'il n'a manifestement pas tenue.

On ignore quel sort sera réservé au mari s'il est retrouvé par les talibans, qui ont une vision particulièrement rigoriste de la charia, la loi islamique.

Dans le même temps, le gouvernorat de Faryab a contacté le consulat turc de Mazar-i-Sharif, la grande ville du nord afghan, pour faciliter le transfert de Reza Gul vers la Turquie où elle pourrait être soignée.

"Les responsables turcs nous ont promis qu'ils feraient leur possible", a expliqué à l'AFP Mohammad Marouf Samar, directeur des services sanitaires de Faryab.

L'histoire de Reza Gul rappelle celle de Bibi Aïsha, une Afghane qui avait fait la couverture du magazine Time en 2010 après avoir eu le nez coupé par son mari. Face à la vague d'indignation, Bibi Aïsha avait bénéficié d'une opération de chirurgie reconstructrice aux Etats-Unis.

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