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20/01/2016 06:33 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Les Alliés veulent réunir le Conseil Otan-Russie, en sommeil depuis 20 mois (diplomates)

Les pays de l'Alliance de l'Atlantique nord veulent inviter fin février ou début mars la Russie à dialoguer dans une instance prévue à cet effet, que l'Otan a boudée pendant plus de vingt mois en raison de la crise en Ukraine, selon des diplomates interrogés par l'AFP.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Otan étaient convenus en décembre de réanimer le Conseil Otan-Russie, une instance de dialogue en sommeil depuis juin 2014.

La première rencontre devrait réunir les ambassadeurs des 28 pays de l'Otan et l'ambassadeur russe auprès de l'Alliance, Alexandre Grouchko.

"La réunion n'aura pas lieu avant la ministérielle (réunion des ministres de la Défense de l'Otan, prévue les 10 et 11 février à Bruxelles, ndlr), mais plutôt fin février-début mars", a indiqué un diplomate à l'AFP.

"A supposer que la Russie accepte. Il faut encore en parler aux Russes, notamment de l'ordre du jour. L'Ukraine sera à l'agenda", a-t-il noté.

Selon deux diplomates, les Alliés souhaiteraient également discuter de la prévention des incidents aériens, singulièrement à la frontière turco-syrienne, après la destruction d'un chasseur-bombardier russe par les Turcs en novembre, ainsi que la question de la transparence et de la prévisibilité des exercices militaires organisés par la Russie.

Interrogé par l'AFP, une porte-parole de l'Otan s'est refusée à tout commentaire. Le chef de l'Alliance, Jens Stoltenberg, avait promis en décembre qu'il allait "explorer comment organiser une réunion, l'agenda et la date".

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier poussait depuis un an à renouer le dialogue avec Moscou dans le cadre de cette instance, mais il se heurtait à l'opposition d'une majorité des membres de l'Otan.

En décembre, sur fond de rapprochement avec Moscou en vue d'un règlement de la crise syrienne, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'était rangé derrière son idée, entraînant avec lui tous les alliés d'Europe occidentale et faisant plier les pays d'Europe de l'Est, tenants d'une ligne dure face à la Russie dans la crise ukrainienne.

"On sait qu'on est parti pour des années, voire des décennies, de tensions avec la Russie (...) Il faut trouver un modus vivendi pour éviter que les choses ne dégénèrent", a expliqué un diplomate.

Après l'annexion de la Crimée en mars 2014 et le début de l'offensive des rebelles pro-russes dans l'Est de l'Ukraine, l'Alliance a suspendu toute coopération pratique avec Moscou, mais elle a toujours assuré que les canaux du dialogue politique restaient ouverts.

Plusieurs rencontres ont d'ailleurs eu lieu entre le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

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