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20/01/2016 10:50 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Le Bénin partie civile dans une enquête française visant un opposant du régime

Le Bénin a annoncé mercredi s'être constitué partie civile dans une enquête ouverte en 2014 en France, sur des accusations visant l'opposant Patrice Talon de tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat Thomas Boni Yayi.

Cette annonce intervient au moment où Patrice Talon, magnat du coton, a annoncé le dépôt d'un dossier pour l'élection présidentielle du 28 février au Bénin, scrutin pour lequel il apparaît comme le principal opposant.

Patrice Talon est rentré à l'automne au Bénin après que Thomas Boni Yayi l'eut gracié en mai.

La cour d'appel de Paris avait refusé en décembre 2013 l'extradition de l'homme d'affaires. Dans la foulée, le 25 février 2014, les autorités judiciaires béninoises avaient fait une dénonciation officielle des faits auprès de la France.

Le 2 juin suivant, une information judiciaire avait en conséquence été ouverte, a détaillé à l'AFP une source judiciaire. Depuis, elle n'a donné lieu à aucune inculpation.

Annonçant cette constitution de partie civile, l'avocate du Bénin Marie Alix Canu-Bernard a émis le voeu que "plus de trois ans après leur survenance, toute la lumière soit enfin faite sur ces faits d'une particulière gravité".

"Le caractère tardif et opportuniste de cette constitution de partie civile ne peut faire aucun doute à quelques semaines des élections", a réagi l'avocat français de Patrice Talon, William Bourdon.

"Les autorités béninoises ne peuvent ignorer que le soi-disant dossier d'empoisonnement a été considéré par la cour d'appel de Paris comme un dossier monté de toute pièce, lorsqu'elle a refusé l'extradition", a-t-il poursuivi, dénonçant "une pure tentative d'instrumentalisation politique de l'autorité judiciaire française".

Longtemps proche de Thomas Boni Yayi, dont il a financé les deux dernières campagnes présidentielles, incontournable dans les secteurs-clés du coton et du port de Cotonou, Patrice Talon avait été accusé d'être le cerveau d'une tentative d'empoisonnement du président, et d'être impliqué dans une tentative d'attentat à la sûreté de l'Etat en février 2013.

A l'époque, il était déjà poursuivi au Bénin dans plusieurs affaires de malversations et avait fui le pays.

Pour les uns, l'affaire Talon est une machination visant à écarter un allié devenu trop dangereux pour le pouvoir. Pour les autres, c'est un coup monté par un puissant homme d'affaires pour se venger d'un chef d'Etat qui a décidé de lutter contre la corruption et l'enrichissement illicite.

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