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20/01/2016 08:27 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

La liberté et la confiance plus fortes que les attentats, selon Trudeau

Les valeurs de liberté et d'ouverture, cibles des attaques jihadistes dans le monde, sont de la responsabilité de tout gouvernement, a estimé mercredi à Davos (Suisse) le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

"Je pense que les gens n'ont pas choisi de vivre dans la crainte permanente" face aux "choses terribles dans le monde", perpétrées par des individus "qui veulent attaquer notre liberté et notre ouverture", a déclaré le chef du gouvernement canadien au forum de Davos.

Dès lors "nous devons faire un choix sur la façon dont nous fermons (les frontières) et limitons (les libertés) au sein de nos sociétés dans le but de les protéger".

Au risque de paraître angélique, le Premier ministre a souligné à plusieurs reprises son optimisme malgré les défis de l'insécurité dans le monde. "J'ai un niveau de confiance énorme dans les gens ordinaires" qui avancent dans la vie sans se soucier plus que cela des politiques.

"Ils ne pensent pas vraiment au terrorisme, mais plus à leur famille, à leur travail et à leur avenir et à celui de leur environnement" en souhaitant que cela aille dans le bon sens, a poursuivi Justin Trudeau.

"Une des premières responsabilités d'un gouvernement est de préserver la sécurité de ses citoyens, une autre est de les maintenir libres" et non d'entretenir "les craintes et l'anxiété".

En allant trop loin, "vous perdez une partie de l'essence même de la société, la liberté et l'ouverture", a affirmé M. Trudeau en défendant avec enthousiasme le thème de la diversité à Davos.

Si la science et l'innovation sont des sources de développement, "nous avons besoin que nos sociétés reconnaissent la diversité comme une force et non une faiblesse", a déclaré M. Trudeau en référence directe à l'accueil de 25.000 réfugiés syriens au Canada d'ici la fin février.

L'afflux de réfugiés doit être considéré comme une richesse pour les sociétés. "Quand j'ai accueilli le mois dernier les premières familles (de réfugiés) à Toronto, je les ai accueillies comme de nouveaux Canadiens et comme l'avenir de l'économie canadienne".

Critiqué au Canada par l'opposition pour sa décision de retirer prochainement les avions de combat F18 de la coalition internationale contre l'EI en Irak et en Syrie, M. Trudeau a affirmé vouloir poursuivre militairement la lutte contre les combattants jihadistes.

"Le Canada reconnaît que nous avons besoin d'une réponse concertée au niveau mondial dans la guerre contre le terrorisme", a convenu M. Trudeau. En ce sens, "le Canada a un rôle important à jouer, sur le plan humanitaire, sur le plan des réfugiés. Mais également sur le plan militaire", a-t-il ajouté.

Le chef de gouvernement a assuré que le Canada continuerait "d'être engagé militairement au sein de la coalition contre l'EI". Néanmoins, a-t-il dit, cet engagement ne sera plus matérialisé par des frappes aériennes mais "probablement par la formation ou toutes autres choses qui peuvent aider les militaires sur place".

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