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20/01/2016 09:42 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

L'économie du Nord canadien a grand besoin d'infrastructures

Un organisme gouvernemental réclame des investissements considérables dans les infrastructures du Nord canadien, qui passeraient notamment par un allégement fiscal pour les entreprises qui s'établissent dans les territoires nordiques.

Un rapport du Conseil national de développement économique des Autochtones (CNDEA) soutient qu'un manque de ports, de pistes d'atterrissage, de ponts et de routes adéquats ainsi qu'un mauvais accès à Internet empêchent les communautés de développer une économie durable au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Nunavut, dans la région québécoise du Nunavik et dans celle de Nunatsiavut au Labrador.

Les infrastructures existantes sont en piètre état et risquent d'être davantage vulnérables aux changements climatiques, soutient le rapport dévoilé mercredi.

De plus, il ne suffira pas de réparer les infrastructures en place, qui ne répondent plus aux besoins actuels.

Le CNDEA, qui conseille le gouvernement fédéral sur le développement économique autochtone, affirme que des investissements «audacieux» sont nécessaires, mais ne donne pas de montant. Il décrit plutôt les bienfaits qu'auraient les investissements du gouvernement et fait valoir que chaque dollar investi dans les infrastructures nordiques génère 22 $ en retombées économiques à Ottawa.

Le rapport recommande que le gouvernement libéral offre des incitatifs fiscaux aux entreprises qui désireraient installer leurs opérations dans le Nord, pour «uniformiser les règles du jeu». Les résidants de ces régions peuvent réclamer une déduction d'impôt de 8,25 $ par jour, mais aucune mesure équivalente n'existe pour les industries.

Selon Hilda Broomfield Letemplier, présidente du sous-comité du Nord, un allègement fiscal tiendrait compte du fait que les entreprises qui s'installent dans le Nord doivent faire des dépenses importantes avant de commencer à faire du profit. La situation géographique éloignée des régions nordiques, le climat difficile, le manque d'infrastructures et la faible population font augmenter les coûts et rebutent certaines entreprises.

«La dépense est si élevée seulement pour démarrer que ça prend beaucoup de temps avant de réaliser des profits», a-t-elle expliqué.

En campagne électorale, l'automne dernier, Justin Trudeau s'était engagé à dépenser 60 milliards $ supplémentaires sur 10 ans dans des projets d'infrastructures. Selon Mme Broomfield Letemplier, c'est le bon moment pour envoyer une partie de cet argent dans le Nord.

«Nous sommes tellement en retard que ça va prendre du temps avant d'être au même niveau que le reste des Canadiens. La volonté politique est là. C'est maintenant le moment pour nous d'avancer.»