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20/01/2016 05:35 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Hommage à un enseignant tué lors de l'attaque d'une université pakistanaise

Etudiants et collègues ont rendu hommage au courage d'un jeune professeur de chimie, un "vrai gentleman", tué mercredi alors qu'il tenait tête aux assaillants lors d'une attaque à l'université de Charsadda, dans le nord-ouest du Pakistan.

Syed Hamid Hussain, un professeur assistant en chimie à l'université Bacha Khan âgé de 32 ans, s'est interposé l'arme à la main pour protéger ses étudiants lors de l'assaut qui a fait au moins 21 morts dans cet établissement situé non loin de Peshawar.

Un étudiant en géologie, Zahoor Ahmed, a raconté à l'AFP comment M. Hussain l'avait protégé.

"Nous sommes sortis, mais nous avons été bloqués par notre professeur de chimie qui nous a conseillé de revenir à l'intérieur". "Il avait un pistolet à la main, j'ai vu une balle l'atteindre, deux assaillants tiraient de tous les côtés", dit-il.

"Ils lui ont tiré dessus directement", a témoigné un autre étudiant, Muhammad Daud. Selon lui, Syed Hamid Hussain était "un vrai gentleman et un enseignant respectable".

Le président Mamnoon Hussain a confirmé la mort de l'enseignant, exprimant sa peine et ses condoléances à sa famille.

- Jogging dans le campus -

Un responsable de l'université a indiqué que Syed Hamid Hussain avait fait son doctorat au Royaume-Uni où il avait vécu 3 ans. Il était marié et avait deux enfants en bas âge.

Selon Waqar Ali, un étudiant de 22 ans, il faisait "chaque matin son jogging dans le campus" et était "très populaire auprès des élèves", dont il était très proche.

"Il aidait toujours les étudiants et connaissait tous leurs secrets car ils lui faisaient part de leurs problèmes, que ce soit pour des questions universitaires ou personnelles", a-t-il souligné.

Mohammad Shahzeb, étudiant de 24 ans, dresse pour sa part le portrait d'un amateur de jardinage et de chasse, qui aimait prendre son petit-déjeuner et plaisanter avec ses élèves à la résidence étudiante.

Sur Twitter, nombre d'internautes ont rendu hommage à l'enseignant, décrit par le journaliste et universitaire Raza Ahmad Rumi comme un "martyr de l'éducation".

Les funérailles de l'enseignant ont eu lieu mercredi soir dans sa ville natale de Swabi (nord-ouest).

D'autres étudiants et professeurs ont également tiré sur les assaillants mercredi, a assuré à l'AFP un porte-parole des services de secours, Bilal Faizi, assurant que "c'est pour cela qu'ils n'ont pas fait davantage" de dégâts.

Les enseignants dans le nord-ouest du Pakistan ont reçu l'autorisation de porter une arme dans leur classe après un massacre mené il y a un peu plus d'un an dans une école de Peshawar par un commando de talibans. Pendant plusieurs heures, ils avaient abattu de sang froid près de 150 personnes, en majorité des écoliers.

Des associations d'enseignants avaient critiqué la décision de laisser les professeurs porter une arme, soulignant que combattre les extrémistes ne relevait pas de leurs fonctions.

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