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20/01/2016 08:44 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

France: Uber France veut ouvrir sa plateforme aux taxis (dirigeant)

Uber France, la filiale française de la célèbre firme américaine, qui entretient des relations houleuses avec les chauffeurs de taxis du pays, veut leur ouvrir sa plateforme électronique de réservation, selon son directeur général, Thibaud Simphal.

Cette annonce intervient dans la foulée d'une décision du Conseil constitutionnel (chargé de vérifier la conformité des lois avec la Constitution) qui a estimé qu'un chauffeur de taxi pouvait aussi être conducteur de voiture de transport avec chauffeur (VTC).

"Compte-tenu de ce contexte, ce que nous voulons, c'est ouvrir Uber aux taxis, leur permettre d'utiliser la plateforme", a affirmé M. Simphal, qui s'exprimait à l'occasion d'une conférence appelée "Maddy Keynote" réunissant notamment des dirigeants de start-ups à Paris.

Il s'agirait, a-t-il précisé, de "permettre aux taxis d'être réservés sur une plateforme de VTC, en tant que VTC, en conduisant une voiture qui ne serait pas un taxi".

L'annonce de M. Simphal intervient à quelques jours d'une nouvelle mobilisation nationale des taxis contre les "dérives" du secteur des VTC.

Mais l'Union nationale des Taxis (syndicat patronal) a remarqué dans un communiqué que la décision du Conseil ne les exonérait pas de se doter d'une carte professionnelle. Pour elle, "Uber tente encore une fois de contourner tant les décisions de justice que la réglementation en laissant croire que n'importe qui peut exercer l'activité de VTC sans être détenteur de la carte professionnelle".

Lancée dans le pays fin 2011, Uber France a connu des tensions importantes avec les taxis, notamment à la création en 2014 d'UberPop, filiale qui permettait aux particuliers d'opérer des transports de personnes payants.

En octobre 2014, UberPOP est condamnée à 100.000 euros d'amende pour avoir présenté comme du covoiturage son offre payante de transport de particuliers.

En juin 2015, des manifestations de taxis, parfois violentes, ont lieu à Paris et dans plusieurs grandes villes. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve annonce alors l'interdiction d'UberPOP à Paris et saisit la justice pour "organisation d'activités illicites".

Les dirigeants d'Uber en France et en Europe, Thibaud Simphal et Pierre-Dimitri Gore-Coty sont eux renvoyés devant les tribunaux, notamment pour complicité d'exercice illégal de la profession de taxi. L'entreprise décide alors d'elle-même de suspendre UberPop.

La filiale sera finalement interdite par le Conseil constitutionnel en septembre 2015, alors que le procès des deux dirigeants doit reprendre à Paris à la mi-février.

De son côté Uber a répliqué en déposant plusieurs plaintes contre la France auprès de la Commission européenne.

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