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20/01/2016 05:27 EST | Actualisé 20/01/2017 00:12 EST

Entre Davos et Saguenay, Couillard et Péladeau offrent des visions contraires de l'économie

Au Forum économique de Davos, le producteur d'acier Tata Steel a annoncé mercredi qu'il pourrait investir jusqu'à 400 millions de dollars au Québec d'ici deux ans dans le cadre du Plan Nord lors d'une conférence de presse à laquelle participait le premier ministre Philippe Couillard.

Depuis Saguenay, le chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau a pour sa part attaqué le bilan économique du gouvernement libéral, incapable selon lui de relancer la situation économique « déplorable » dans laquelle se trouve le Québec.

L'annonce de Tata Steel vise à accélérer son projet de mine de fer à enfournement direct, également appelé projet DSO, à Schefferville, dans le nord québécois. La multinationale a déjà investi plus de 1 milliard de dollars dans ce projet.

Le gouvernement du Québec doit décider d'ici le 31 mars de l'ampleur de sa participation dans le projet.

Les deux parties ont également convenu de faciliter les activités de transit du minerai de fer à partir de la jonction Arnaud, que tente actuellement d'acquérir Investissement Québec, jusqu'au quai multiusager du port de Sept-Îles, qui constitue une pierre angulaire du Plan Nord.

Selon M. Couillard, l'engagement de Tata Steel prouve que des entreprises sont toujours intéressées à investir, malgré la dégringolade des cours du minerai de fer. En environ deux ans, le prix de la tonne a glissé d'environ 100 $ US à 40 $ US.

Le site DSO produit annuellement entre deux et trois tonnes de minerai. Si le projet se concrétise, la production pourrait atteindre jusqu'à six millions de tonnes par année.

Sans commenter directement cette annonce, Pierre Karl Péladeau s'est attaqué au gouvernement Couillard lorsqu'il a été abordé par les journalistes avant une rencontre de son caucus.

« Le Québec est dans une situation déplorable au niveau économique. Le taux de chômage s'accroît. L'activité économique est morose, et les prévisions systématiques de la part du ministre des Finances sont systématiquement en déclin », a-t-il fait valoir.

« Où est le gouvernement libéral pour relancer l'économie? On voit que le premier ministre s'en va à Davos. [...] Que va-t-il répondre aux investisseurs qui sont intéressés à venir dans ce beau et grand pays qui s'appelle le Québec, alors que l'irresponsable premier ministre a déclaré qu'il n'était plus question que l'État respecte sa signature au bas des contrats? »

Selon le chef péquiste, le gouvernement Couillard crée de « l'instabilité économique », ce qui est « extrêmement mauvais ».

« Nous avons besoin d'une relance, d'une émulation au niveau de nos entrepreneurs, nous avons besoin de confiance de la part des entreprises et des entrepreneurs. Malheureusement, ce qu'il nous reste, c'est de l'instabilité », a-t-il plaidé.