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20/01/2016 08:20 EST | Actualisé 21/01/2016 11:12 EST

Ottawa recommande aux coopérants canadiens à Ouagadougou de « faire attention »

Les attaques du 15 janvier à Ouagadougou, qui ont coûté la vie à 30 personnes, dont 6 Québécois, changent la donne en matière de sécurité pour les coopérants canadiens qui sont sur le terrain au Burkina Faso.

Ainsi, après l'attentat qui est survenu au café Cappucino, dans la capitale burkinabée, le gouvernement canadien a donné de nouvelles consignes pour les Canadiens qui habitent ou qui sont de passage dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

« Il y a une certaine zone frontalière qu'on décourage formellement et, dans le reste du pays, on demande aux gens de faire attention », affirme la consule du Canada à Ouagadougou, Aïssatou Seck.

« C'est sûr qu'on ne peut pas demander aux gens d'arrêter carrément de fréquenter les lieux d'expatriés, mais il faut y aller avec vigilance. »

— Aïssatou Seck, consule du Canada à Ouagadougou

Une mission qui tourne court

Dans le cas de Micheline Magnan, les nouvelles consignes la forcent à écourter considérablement son séjour à Ouagadougou. Cette coopérante volontaire devait y passer cinq semaines, elle n'y aura finalement été que cinq jours.

Ce qui est bien dommage pour les jeunes filles qu'elle devait aider au Centre de formation professionnelle Émilie-Fournier, qui est géré par la Congrégation des soeurs de Notre-Dame du perpétuel secours, à Ouagadougou.

Mais Mme Magnan est arrivée dans cette ville au lendemain de l'attaque dans laquelle ont péri les membres de la famille Carrier, de même que leurs deux amis, Suzanne Bernier, une retraitée, et Louis Chabot. Et les consignes qui s'appliquent désormais limitent ses déplacements : « Ici, on ne peut pas sortir de jour; on ne peut pas sortir de soir non plus, déplore-t-elle. C'est mieux de rester à l'intérieur ».

« Dans de telles conditions, je pense même pour la sécurité des gens qui nous accueillent, c'est peut-être mieux pour moi, en tous cas, ce que je pense, de quitter. Malgré que je pars le coeur déchiré, parce que j'aurais aimé continuer. »

— Micheline Magnan, coopérante volontaire à Ouagadougou

Rester, tout en limitant ses allées et venues

La situation est différente pour Judy Coulombe et Jonathan Munroe, deux coopérants volontaires du Québec qui, eux, ne songent pas à quitter le Burkina Faso. « Faut pas arrêter [...] Sinon, si on s'arrête, ça donne raison à ces groupes », affirme Jonathan Munroe, coopérant volontaire pour Uniterra.

Mais les conditions de sécurité actuelles affectent tout de même leur vie à Ouagadougou et nuisent à leur travail.

« Ce qu'ils nous ont dit, c'est d'éviter les déplacements qui sont pas indispensables. Donc, de s'en tenir à ce qui est nécessaire puis tout ce qui est mission sur le terrain. »

— Judy Coulombe, coopérante volontaire à Ouagadougou

Ils se retrouvent donc pour le moment à devoir faire leur travail confinés au bureau, alors qu'une bonne partie de la mission devrait normalement se passer sur le terrain.

Le gouvernement du Canada s'active dans le but de rapatrier les corps

Par ailleurs en ce qui a trait au rapatriement des corps des victimes au Canada, la consule canadienne à Ouagadougou assure que « le gouvernement du Canada travaille fort sur cette crise et on essaie de travailler le plus fort possible à rapatrier les corps ».

« Il y a une enquête avec le pays et donc ça peut prendre du temps. Il y a beaucoup de questions sans réponses pour le moment. Et pour le moment, on travaille avec les autorités locales et on espère avancer la cause le plus rapidement possible. »

— Aïssatou Seck, consule du Canada à Ouagadougou

Mme Seck estime que la collaboration entre son équipe et Ottawa s'est bien faite : « On a très bien collaboré et on est rentrés dans les normes », dit-elle.

Avec les informations de Jean-François Bélanger

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